Souffle à l’Espace Saint-Pierre

du 11 octobre 2018 au 17 octobre 2018

Présentation PDF

Une sélection d’œuvres de la collection Francès pour insuffler la vie.

Vernissage le mercredi 10 octobre de 18h à 20h à l’église désacralisée Saint-Pierre de Senlis.

 

La fondation d’entreprise Francès présente l’exposition SOUFFLE en deux lieux différents : l’espace Saint-Pierre à Senlis et l’espace Oscar Niemeyer à Paris.
Cinquante-quatre œuvres à couper le souffle. L’expression parait simpliste, facile. Mais se plonger sans retenue – un exercice difficile – dans ce corpus d’œuvres offre la possibilité de poser un regard à la fois intérieur et altruiste sur la condition humaine. Vingt-cinq œuvres visibles à l’espace Oscar Niemeyer à Paris à travers un parcours de vie qui oscillent entre souffrance, maturité et plaisir, puis, vingt-neuf œuvres à l’espace Saint-Pierre, Senlis, pour se confronter à la question de la transmission et de la réparation des traumatismes en particulier ceux liés en temps de guerre. Pour ces deux accrochages, la métaphore du “souffle” apparait doucement en filigrane. En deux lieux à l’architecture aux antipodes, l’une minimaliste et internationale et l’autre historique et patrimoniale.

Souffle à Senlis propose de poursuivre cette immersion dans l’Histoire. Moins orientée sur l’expérience individuelle et subjective, cette exposition observe notre société contemporaine et ses dérives, ce qu’elle produit et ce qu’elle anéantit.
Les œuvres prennent place dans une église désacralisée, l’espace Saint-Pierre. Elles s’intègrent parfaitement dans ce lieu vidé de tout caractère sacré et intouchable pour transmettre et tenter de réparer en toute liberté. Les commémorations du Centenaire de la Première Guerre Mondiale résonnent avec sens à travers certaines œuvres, en particulier celles évoquant les gueules cassées. Tandis que la thématique Art & Paix que développe l’association La Fabrique de l’Esprit, membre des
clubs pour l’UNESCO, plane fortement tout au long du parcours de Saint-Pierre afin d’insuffler un nouvel élan.

 

Vous avez manqué l’exposition SOUFFLE ? Pas de panique, découvrez les œuvres exposées et leur commentaire dans le livret de médiation de l’exposition !

Souffle à l’Espace Saint-Pierre
Souffle à l’Espace Saint-Pierre
Souffle à l’Espace Saint-Pierre
Souffle à l’Espace Saint-Pierre
  • La loi normale des erreurs
  • La loi normale des erreurs
  • La loi normale des erreurs
Raphaël Denis

La loi normale des erreurs

La spoliation des oeuvres d’art par les nazis sous l’Occupation est au coeur de ce travail. Constitué d’un portrait peint à l’huile et de cadres savamment retournés et de différentes tailles, ces tableaux créent l’absence et dénoncent l’horreur de ce pan de l’Histoire. Raphaël Denis s’intéresse de près au marché de l’art et aux collectionneurs, La loi normale des erreurs évoque ainsi le rapport à l’objet “oeuvre” ainsi que sa valeur pécuniaire, sentimentale ou intellectuelle. En retournant ces cadres, dont les dimensions rappellent réellement celles d’oeuvres spoliées, l’artiste inscrit le numéro d’inventaire apposé par l’administration nazie en charge du dépouillement et correspondant à l’oeuvre en question. Ce numéro fait apparaitre l’absence de l’oeuvre et se substitue à elle. Au dos, l’artiste a néanmoins collé la notice de l’oeuvre avec sa photographie et ses informations techniques. Enfin, l’installation de l’oeuvre n’est pas anodine, elle rappelle les zones de stockage où étaient accumulées les oeuvres en attente de destruction ou de récupération par de hauts dignitaires nazis, lorsque celles-ci n’étaient pas estampillées “art dégénéré”. Le portrait de l’anonyme trônant au-dessus de cette ligne de tableaux pourrait tout aussi bien être celui d’un collectionneur ou d’une personnalité politique de cette période, ou bien encore ” le témoin muet, voire, la conscience universelle”, une définition proposée par Daniel Bosser, collectionneur français.

 

Année : 2017
Édition : pièce unique
Matériaux : 23 cadres anciens, graphite sur bois et huile sur toile
Hauteur : 193 cm
Largeur : 613 cm
Glassdome with Cripplewood II
Berlinde de Bruyckere

Glassdome with Cripplewood II

La sculpture de l’artiste gantoise Berlinde de Bruyckere rappelle la peau, la chair. Habillée de bois et de tissus, sa fragilité se traduit aussi par la protection de sa cloche de verre, permettant au regardeur d’expérimenter de près comme de loin l’œuvre, sans franchir les limites de ce territoire tout en chair. Son aspect singulier apporte son lot de sensations : dégoût, curiosité, attirance, multiples questionnements sur sa signification. L’artiste réalise un fragment réunissant en son sein à la fois les notions de souffrance et de plaisir, dualité inhérente à la condition humaine. Elle s’inspire également de la passion du christ (thème récurrent dans son travail) ce qui explique la présence du bois rappelant la crucifixion. Le tissu et le fil s’entremêlent pour protéger et réparer ce qui est encore possible de sauver. Elle s’inspire également de l’œuvre de Lucas Cranach l’Ancien et sa vision des plaisirs de la chair, ainsi que celle du cinéaste italien très controversé, Pasolini.

Année : 2013-2014
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Cire, bois, verre, epoxy, polyester, tissu
Hauteur : 77 cm
Largeur : 35 cm
Visuel en attente d'autorisation des droits de reproduction et représentation
Christine Spengler

Enfant pleurant son père

Provenance : Galerie Forêt Verte (Paris). Acquisition en 2006.

Année : 1974
Édition : Edition non limitée
L’arbre et son ombre
Samuel Rousseau

L’arbre et son ombre

Avec Sans titre (L’arbre et son ombre), ce châtaignier mort reprend vie par la magie de son ombre traversant toutes les saisons.

Année : 2008/2009
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Projection HD sur arbre en bois sur socle en acier, livrée avec projecteur, lecteur média, disque dur avec fichier vidéo
Hauteur : 253 cm
Largeur : 400 cm
Profondeur : 680 cm
Untitled
Kader Attia

Untitled

Provenance : Acquise auprès de la galerie Krinzinger, Innsbruck, en 2015.

Année : 2014
Édition : Pièce unique
Matériaux : Collage papier sur carton
Hauteur : 49 cm
Largeur : 69 cm
Factory
Mircea Suciu

Factory

Mircea Suciu peint mais surtout dessine au fusain de très grands formats en clair-obscur noir, gris et blanc qui apportent encore plus d’intensité dramatique. Factory illustre la sélection effectuée par les nazis. À l’intérieur des camps de concentration, les déportés, choisis arbitrairement, passent nus devant les soldats assistés d’un médecin. Selon leur état physique, ils sont renvoyés au travail ou exécutés.

 

Provenance : Aeroplastics Contemporary. Acquisition en 2012.

Année : 2011
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Huile sur toile
Hauteur : 90 cm
Largeur : 90 cm
Gueule cassée, Masque malade
Kader Attia

Gueule cassée, Masque malade

Provenance : Acquise auprès de la Galleria Continua, Paris, en 2013.

Année : 2013
Édition : Pièce unique
Matériaux : Sculpture en marbre, masque antique en bois
Hauteur : 74 (buste) et 33 (masque) cm
Largeur : 27(buste) et 27 (masque) cm
Profondeur : 30 (buste) et 20 (masque cm
Diamètre : 22 (socle) cm
Black Painting No.102
Nguyen Thai Tuan

Black Painting No.102

Année : 2011
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Huile sur toile
Hauteur : 150 cm
Largeur : 130 cm
Visuel en attente d'autorisation des droits de reproduction et représentation

Apoteosi del Vago
Nicola Samorì

Apoteosi del Vago

Sur l’œuvre Apoteosi del vago, Nicola Samorí retire entièrement le voile de Sainte Véronique et lui confisque la parole en masquant le bas de son visage. L’artiste fait ressurgir la noirceur profonde et inquiétante de ces personnages qu’il juge trop lisses. Il offre également la possibilité de réinventer, de construire une nouvelle histoire, d’effacer le passé pour laisser place à l’avenir.

 

Provenance : Larmgalleri. Acquisition en 2012.

Année : 2012
Édition : Pièce unique
Matériaux : Huile sur cuivre
Hauteur : 100 cm
Largeur : 100 cm
Reparatur #3
Kader Attia

Reparatur #3

Provenance : Acquise auprès de la galerie Krinzinger, Innsbruck, en 2013.

Année : 2013
Édition : Pièce unique dans une série de pièces uniques
Matériaux : Miroir et attaches, lithographie
Hauteur : 30 (miroir) et 41,5 (lithographie) cm
Largeur : 24 (miroir) et 31 (lithographie) cm
Lips of Thomas (Star on stomach)
Marina Abramović

Lips of Thomas (Star on stomach)

Année : 1975
Édition : Ed. 7/16 + 3 AP
Matériaux : Photographie + lettre
Hauteur : 49,5 (photo) // 26 (lettre) cm
Largeur : 59,7 (photo) // 18,4 (lettre) cm
Hunger
Adrian Ghenie

Hunger

Année : 2008
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Huile sur toile
Hauteur : 30,5 cm
Largeur : 40,4 cm
Profondeur : 2 cm
Untitled (Collage en volume)
Kader Attia

Untitled (Collage en volume)

Provenance : Acquise auprès de la galerie Krinzinger, Innsbruck, en 2015.

Matériaux : Coque de scooter, boîte en carton et fibre de verre
Hauteur : 65 cm
Largeur : 40 cm
Profondeur : 33 cm
Double Projection #1 (Where the Silence Fails)
Meiro Koizumi

Double Projection #1 (Where the Silence Fails)

Cette vidéo est la dernière d’une série de trois, elle relate le récit d’un homme enveloppé par la culpabilité, luttant pour faire face à son passé. Meiro Koizumi a travaillé de concert avec un véritable pilote Kamikaze, Mr Tadamasa Itazu. En 1945, celui-ci est volontaire pour devenir Kamikaze et défendre Okinawa. Il forge durant sa formation une amitié sans faille avec Mr Ashida. Au cours d’une mission, sur son trajet pour attaquer un navire américain, son avion rencontre un problème moteur et s’écrase sur l’île. Il survit à cette mission qui devait l’envoyer vers une mort certaine. Pour les pilotes Kamikaze survivre à une mission est un échec, mourir est un honneur ultime. Depuis ce jour, il vit avec un grand sentiment de culpabilité envers ses pairs morts avec succès dans la même mission, et en particulier Mr Ashida.

Année : 2013
Édition : Ed. 2/5 + 2 AP
Matériaux : Video installation with an interview video (6'30) and 2 screen synchronized video (9'18), Spoken in Japanese, subtitled in English
Tiroir
Christian Boltanski

Tiroir

Dans l’œuvre Tiroir (1988), l’artiste associe un tiroir rempli d’habits avec une photographie floue, un portrait juvénile très serré, surmonté et éclairé par une simple lampe. Cette installation évoque un autel ou un monument commémoratif qui rendrait hommage à une personne proche disparue et incarnant, par sa mise en scène, une représentation sacrée de l’être humain. Comme le souligne l’historienne de l’art Catherine Grenier, la pratique de Christian Boltanski est obsédé[e] par l’idée de la perte et de la disparition1 ; le corps ne peut s’y manifester pleinement, l’artiste préférant souligner son absence.

1 Catherine Grenier, Boltanski, Paris, Flammarion, 2011, p. 12.

Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris,
2026, pp. 140-141.

 

Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Christie’s Paris, en 2014.

Année : 1988
Édition : Pièce unique
Matériaux : Photographie encadrée, vêtement dans un tiroir en étain, lampe et fil électrique
Hauteur : 94 cm
Largeur : 61 cm
Profondeur : 40,6 cm
La mise en tombeau, Avril 1997, Ville Evrard’ (série I.N.R.I)
Bettina Rheims

La mise en tombeau, Avril 1997, Ville Evrard’ (série I.N.R.I)

Bettina Rheims dévoile une série intitulée I.N.R.I, réalisée en collaboration avec Serge Bramly. Cette série met en scène la vie du Christ à la manière de l’artiste. Les mises en scène sont sensuelles, les personnages bibliques chargés de réalisme, un univers baroque en soi libérant les traditions et les contraintes du corps. L’ambiance est dense, provocante mais humaine car au delà de la religion et de l’idéologie, le propos de Bettina Rheims est toujours concentré autour de l’homme, du plaisir, de la douleur et de l’extase. Bettina Rheims nous offre donc à voir un langage différent par le biais de son travail de photographe.

Provenance : Galerie Jérôme de Noirmont (Paris). Acquisition en 2006.

Année : 1997
Édition : Ed. 3/7
Matériaux : Tirage couleur, photographie originale
Hauteur : 154 cm
Largeur : 125 cm
The wheels on the bus go round and round, round and round, round and round, the wheels on the bus go round and round, all day long”
Jake & Dinos Chapman

The wheels on the bus go round and round, round and round, round and round, the wheels on the bus go round and round, all day long”

Avec Wheels of the Bus Go Round and Round…, les frères Chapman donnent à voir une scène d’horreur : un charnier où les corps s’entassent et s’entrelacent, composant un paysage de guerre écrasé par une roue faite de chair. Les figurines, figées dans des gestes cycliques et grotesques, deviennent les rouages d’une machine sociale aliénante. Ce diorama dramatique mêle répulsion, violence et absurdité, offrant un regard profondément cynique sur l’inhumanité de la guerre.

 

Provenance : Acquise auprès de la galerie White Cube, Londres, en 2012.

Année : 2012
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Fibre de verre, plastique et techniques mixtes.
Hauteur : 150 cm
Largeur : 70 cm
Profondeur : 70 cm
On crève ici
Aimé Mpane

On crève ici

Dans la série On crève ici, l’œuvre dévoile une trace, une mémoire et des aspérités qu’on aimerait cacher sous un masque.

 

Provenance : directe de l’artiste. Acquisition en 2008.

Année : 2007
Édition : pièce unique
Matériaux : Portrait gravé et peint sur bois : taille directe à l'herminette de panneaux de bois multiplexface aux modèles, acrylique
Hauteur : 31 cm
Largeur : 32 cm
Profondeur : 6 cm
  • Untitled : Group Portrait, Broken Faces
  • Untitled : Group Portrait, Broken Faces
Eric Manigaud

Untitled : Group Portrait, Broken Faces

Année : 2016
Édition : Pièce unique
Matériaux : Crayon, poudre de graphite sur papier
Hauteur : 60 cm
Largeur : 80 cm
On crève ici’ série 2007
Aimé Mpane

On crève ici’ série 2007

Année : 2007
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Portrait gravé et peint sur bois : taille directe à l'herminette de panneaux de bois multiplexface aux modèles, acrylique
Hauteur : 31 cm
Largeur : 32 cm
Profondeur : 6 cm
Latrine Poland 1944
Ronald Ophuis

Latrine Poland 1944

Une œuvre à la fois touchante et tragique où ce qui pourrait être l’acte ultime de destruction devient le seul moyen de résister. Cette vision d’horreur est aussi une vision de survie, un lieu de résistance, de complot. Dans cet ultime recoin de l’univers, la frontière s’efface entre humanité et animalité.

Triptyque

Année : 2001
Édition : Pièce unique
Matériaux : Huile sur toile
Hauteur : 340 cm
Largeur : 480 cm
Le Cri
Aimé Mpane

Le Cri

Tout comme l’uniforme, le masque chez Aimé Mpane Enkobo annihile toute expression personnelle, on ne montre pas qui on est, on joue à être un autre. Le masque est visible dans l’œuvre Le cri, en double, d’un côté le masque, et d’un côté le visage mis à nu.

Année : 2011
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Peinture acrylique sur panneau triplex
Hauteur : 32 cm
Largeur : 30 cm
Profondeur : 6 cm
Portrait of woman with wounded blue eye
Hans-Peter Feldmann

Portrait of woman with wounded blue eye

Avec son tableau Portrait of woman with wounded blue eye (2011), toile du XIXe siècle sur laquelle il intervient par l’ajout d’un hématome autour de l’œil gauche de la jeune femme, Hans-Peter Feldmann détourne la candeur en brutalité, le banal en insupportable. Par son intervention picturale, l’artiste déplace et réactive l’œuvre d’origine, transformant totalement notre lecture du portrait. Cette blessure physique dramatise l’image tout en laissant planer un mystère sur le sens et la portée de cette violence.

Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 88-89.

Provenance : Acquise auprès de Galerie Micheline Szwajcer, en 2011.

Année : 2011
Édition : Pièce unique
Matériaux : Huile sur toile
Hauteur : 64 cm
Largeur : 55 cm