Jonathan Monk
Né en 1969 à Leicester, Royaume-Uni. Vit et travaille à Berlin, Allemagne.
À travers des peintures murales, des monochromes, des sculptures éphémères et des photographies, Jonathan Monk s’engage dans une entreprise de démystification de l’art, dévoyant des œuvres souvent en proie à l’immobilisation du fait même de leur inscription dans l’histoire de l’art. Il questionne cette tendance de l’art contemporain à consumer les références, tout en rendant hommage à des figures telles que Sol LeWitt, Ed Ruscha, Bruce Nauman et Lawrence Weiner. Alors qu’il se livre à des questionnements théoriques, l’artiste fait de ses oeuvres le terrain idéal pour l’expérimentation des liens entre image et dialectique. Parallèlement, ses oeuvres agissent comme des points de rencontre entre l’histoire de l’art – plus précisément l’art conceptuel et minimal des années 1960-1970 – et son histoire personnelle.
L’artiste est représenté par Dvir Gallery, Paris/Bruxelles/Tel Aviv.
The World Without the World in Blue
Dans son installation The World Without the World in Blue (2014), Jonathan Monk détourne une carte du monde. Il la découpe dans du feutre, puis la suspend nonchalamment à un fil de fer. Les continents se dessinent en creux, les frontières se dissipent, les territoires se déforment et s’interpénètrent ; seule persiste l’immensité des océans, incarnée par la texture du feutre. L’artiste britannique réinvestit à la fois un matériau emblématique utilisé par deux figures majeures de l’art contemporain, Joseph Beuys et Robert Morris, et l’image familière de la carte du monde, objet intrinsèquement politique, dont il modifie l’apparence et la charge symbolique afin d’en neutraliser la capacité à délimiter et à structurer les espaces et les territoires.
