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Sofie Muller

Née en 1974 à Saint-Nicolas, Belgique. Vit et travaille à Gand, Belgique.

L’artiste Sofie Muller explore, à travers sculptures et dessins, la beauté de notre vulnérabilité et de notre condition humaine. Elle se penche sur des sujets variés liés au corps, à l’identité, la sexualité ou encore la mémoire. Elle réalise notamment un ensemble de sculptures représentant des enfants, explorant les notions de passage et de métamorphose. Ses travaux offrent une incursion dans la psyché humaine et les blessures enfouies de l’être. L’artiste magnifie ces failles à travers l’usage de matériaux solides, comme le bronze, et fragiles, comme le sang, la fumée et l’albâtre. Cette conjugaison rend tangible la complexité profonde de la condition humaine.

Tristan
Sofie Muller

Tristan

La sculpture Tristan (2007) de Sophie Muller figure l’attente d’un jeune garçon sur un lit d’auscultation. Invitée à participer à l’exposition Trauma organisée par la fondation Francès en 2010, Sofie Muller plonge au coeur de la psyché humaine et des blessures enfouies de l’être, des failles révélées et magnifiées par les techniques et matériaux employés par l’artiste. Elle dépeint une vision saisissante et parfois dérangeante de cette fragilité. Dans cette sculpture, cette douleur intérieure est symbolisée par l’effacement du regard de l’enfant, les yeux striés. La sculpture en bronze suggère la perte de l’identité, une aliénation liée à l’expérience même de la maladie et à la déréalisation qu’elle peut engendrer.

Crédits : ©Sofie Muller. Courtesy de l’artiste.

Provenance : Acquise auprès de la Galerie Geukens & De Vil, en 2007.

Année : 2007
Édition : Éd. 1/5
Matériaux : Sculpture en bronze et lit
Hauteur : 103 cm
Largeur : 34 cm
Elza
Sofie Muller

Elza

Sofie Muller propose, dans son travail, un savant mélange entre une étude réaliste et fine du corps humain grâce à ses dessins et une étude socio-psychologique. Si cette femme présente des courbes généreuses et si sa position assise est soulignée par l’affaissement de ses formes, l’idée de gravité se trouve finalement démentie, de la même façon qu’à cette densité s’oppose la légèreté. Le regardeur a en effet l’impression d’une absence d’ancrage dans le sol, ses pieds ne semblant reposer sur aucun support. Intrigué, il constate alors qu’il en est de même pour les montants de la balançoire qui rendent possible le maintien de l’assise, et qui sont comme fichés dans le vide. Le regardeur est alors surpris par le temps qu’a nécessité cette prise de conscience. Cette sculpture apparaît alors comme étant en lévitation. Au mouvement d’oscillation de la balançoire que le regardeur se figure mentalement s’ajoute un mouvement d’aspiration vers le ciel. L’idée de suspension, illustrée par l’équilibre précaire de la sculpture, sa position spatiale d’entre-deux, agit aussi comme la métaphore de l’éloignement progressif du monde de cette vieille femme. Par un système ingénieux, Sofie Muller, artiste belge étudiant les bouleversements physiques et psychologiques chez l’être humain, nous donne à voir les ravages de la maladie d’Alzheimer dont souffrait sa grand-mère. La vieillesse et l’enfance, deux périodes d’entre-deux et de mutations profondes, intéressent en effet particulièrement cette artiste. L’aspect chancelant de son équilibre physique met au jour le trouble de son équilibre mental. En effet, le regard errant de cette femme, comme englouti par la matière, souligne l’entrave de sa perception du monde au sein duquel elle évolue et de sa capacité à interagir avec lui.

Crédits : ©Sofie Muller. Courtesy de l’artiste.

Provenance : Acquise auprès de la galerie Geukens & De Vil, en 2009.

Année : 2009
Édition : Éd. 1/5
Matériaux : Epoxy et poudre de marbre
Hauteur : 170 cm