a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

William Eugene Smith

Né en 1918 à Wichita, États-Unis. Décédé en 1978 à Tucson, États-Unis.

William Eugene Smith s’intéresse à la photographie dès l’âge de 14 ans et débute sa carrière auprès de journaux locaux trois ans plus tard. À New York, il travaille en freelance pour Life, Collier’s, Harper’s Bazaar et The New York Times. En 1939, il est correspondant pour Life au Japon, où il documente l’intervention militaire des États-Unis à Saipan, Guam et Iwo Jima. C’est sur place qu’il prend conscience de l’importance de témoigner des conséquences désastreuses de cette guerre sur les populations locales. Pour William Eugene Smith, la photographie doit avoir un but, une raison ; elle est capable d’éveiller les consciences et les mentalités quant à des situations de précarité ou à la réalité violente des conflits. William Eugene Smith est un photojournaliste engagé qui souhaite que “[ses] photos véhiculent un message contre l’avidité, la stupidité et les intolérances qui causent ces guerres.” Il est l’un des pionniers de l’essai photographique et contribue ainsi grandement au photojournalisme.

Tomoko Uemura in her bath, Minamata, Japan, 1972
William Eugene Smith

Tomoko Uemura in her bath, Minamata, Japan, 1972

La photographie Tomoko Uemura in Her Bath, Minamata, Japan, 1972 a été prise dans le cadre d’un reportage sur la catastrophe écologique provoquée par une contamination au mercure à Minamata, au Japon. Chisso, une usine chimique déversait du mercure organique dans la mer, entraînant une pollution industrielle dévastatrice, responsable de nombreuses maladies et handicaps au sein de la population de la baie de Minamata. Lorsque William Eugene Smith se rend au Japon pour documenter, avec son épouse Aileen Mioko Smith, les répercussions désastreuses de la pollution sur la population locale, la gravité de la situation est largement minimisée, voire niée, par les autorités politiques. La rencontre entre le photographe Tomoko Uemura et sa mère est décisive. La jeune fille est née aveugle et muette, avec des membres déformés. Le photojournaliste américain instaure une relation d’intimité avec elles et propose de réaliser une “image symbolique“, inspirée par l’iconographie de la Pietà. La mise en scène esthétisée est réalisée en étroite collaboration avec Tomoko Uemura et sa mère.

[…]

Lors d’une conférence de presse tenue à Arles, en 2001, Aileen Mioko Smith, détentrice des droits d’auteur de William Eugene Smith, a expliqué sa décision de ne plus autoriser la diffusion de cette photographie. Vingt-cinq ans après le décès de Tomoko, celle-ci pouvait enfin reposer en paix.

Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 156-158.

Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Christie’s New York, en 2010.

Année : 1972
Édition : Éd. x/x
Matériaux : Tirage argentique
Hauteur : 20,8 cm
Largeur : 33,5 cm
Haiti (Madness)
William Eugene Smith

Haiti (Madness)

Matériaux : Tirage Argentique
Hauteur : 24,1 cm
Largeur : 33,7 cm