Nobuyoshi Araki
Né le 25 mai 1940 à Tokyo, Japon. Vit et travaille à Tokyo, Japon.
Prônant une photographie subjective et instantanée, Nobuyoshi Araki documente de manière frénétique son existence, son quotidien, les personnes et les lieux qu’il fréquente et qu’il côtoie. Pour Araki, “vivre, c’est photographier“. Il se fait connaître en 1971 avec Voyage sentimental, un recueil photographique présenté sous forme de journal intime, retraçant son mariage et sa nuit de noces. Après le décès de sa femme en 1990, l’artiste poursuit cette autofiction photographique, avec pour thèmes principaux : la vie, l’amour, le sexe, la mort et sa ville natale, Tokyo. Entre fiction et réalité, les photographies de Nobuyoshi Araki nous plongent dans une intimité complexe, marquée par cette tension continue entre Éros et Thanatos, une dualité cristallisée par “Erotos”, terme inventé par l’artiste.
L’artiste est représenté par la Taka Ishii Gallery, Tokyo.
Erotos
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Artcurial Paris, en 2010.
Tokyo Comedy
Dans Tokyo Comedy, Nobuyoshi Araki photographie une femme nue, figée, assise près d’une baignoire, le corps recouvert de cheveux coupés. Cette image prend place au cœur d’un roman photographique éponyme publié en 1997, où s’entremêlent paysages urbains, portraits, scènes de kinbaku – l’art du bondage japonais que pratique régulièrement l’artiste – nus et lézards.
Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 70-71.
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente, Sotheby’s Londres, en 2010.
Kinbaku
Avec cette photographie, Nobuyoshi Araki nous plonge dans un entre-deux troublant, à la frontière de la pulsion vitale et de l’évocation morbide, de la jouissance et de la douleur. Ces sentiments sont exacerbés par le travail de lumière, qui embrasse autant qu’elle embrase la chair de cette femme, ainsi que par l’usage du noir et blanc. Le corps féminin semble suspendu dans un instant de grâce, comme en apesanteur. Cette lévitation s’accompagne d’un sentiment d’extase, oscillant entre le sublime et la violence.
Le kinbaku, thème récurrent dans l’œuvre de l’artiste, trouve ici une résonance particulière. Comme l’affirme Nobuyoshi Araki lui-même : “Prendre des gens ou des choses en photo est un acte qui consiste à encadrer la réalité, à la mettre en boîte. […] La photographie a des affinités avec le kinbaku. Elle aussi ligote les gens et les met dans une boîte.“1
1 Nobuyoshi Araki cité dans “Le Tombeau d’Araki. Rencontre avec Nobuyoshi Araki”, dans Jérôme Neutres (éd.), Nobuyoshi Araki, cat. expo., Paris, Gallimard/Musée national des arts asiatiques-Guimet, p.16.
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Artcurial Paris, en 2010.
From Winter to Spring
Dans From Winter to Spring, Nobuyoshi Araki capture la transition saisonnière au Japon, reflétant les changements dans la nature et dans la vie humaine. À travers 100 tirages monochromes, Nobuyoshi Araki offre une méditation visuelle sur le passage du temps, la fragilité de l’existence et la beauté éphémère de la nature. La série lui est inspirée par la poétesse Minori Miyata qui venait d’être amputée d’un sein à la suite d’un cancer. Pendant qu’il réalise sa série, Nobuyoshi Araki entretient un dialogue avec la poétesse, qui répond aux images du photographe par des poèmes, influençant à leur tour ce dernier. S’instaure ainsi un va-et-vient entre poésie et photographie, une dynamique d’inspiration réciproque offrant à la série une profondeur poétique.
Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 58-41.
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Phillips Londres, en 2011.



