Gérard Gasiorowski
Né en 1930 à Paris, France. Décédé en 1986 à Lyon, France.
De l’hyperréalisme à l’abstraction, de l’invention à la référence, le parcours artistique de Gérard Gasiorowski est fait de ruptures et renouvellements, entretenant un rapport conflictuel à la peinture et à la création contemporaine. À travers ses nombreuses séries (Croûtes, Fleurs, Amalgames, etc.), l’artiste explore et déconstruit les mythes et problématiques sur lesquels s’érige la peinture, que ce soit la célébration de la matière ou la suprématie du génie créateur. Prônant une pratique de l’effacement, il joue la disparition de l’artiste, la “négation du sujet narcissique” au sein de fictions créatrices. Son premier psychodrame, l’Académie Worosis Kiga, anagramme de son nom, donne lieu à une multitude de créations où Gérard Gasiorowski s’efface derrière des personnages imaginés, à l’instar du directeur Worosis et Kiga, lui permettant d’incarner simultanément plusieurs pôles de la création, allant de l’ordre et l’académisme à la ferveur créatrice, libérée du carcan de la censure.
La Mouette (Série “Albertine disparue”)
Crédits photo : Fabrice Gousset
Provenance : Galerie Loeve&Co, Paris, 2024
Gérard (Série “Albertine disparue”)
Crédits photo : Fabrice Gousset
Provenance : Galerie Loeve&Co, Paris, 2024
Empreintes
Crédits photo : Fabrice Gousset
Provenance : Galerie Loeve&Co, Paris, 2024
La Question / Hommage à Corot
En apparence, le titre de l’œuvre La Question semble sans rapport avec le sujet représenté. Certes, la femme nous apparaît perdue dans ses pensées, mais le titre donné par Gérard Gasiorowski condense en réalité toute sa crise existentielle de peintre – sa lutte avec la peinture, avec le sens de l’art, et avec lui-même. Évoquant la série L’Approche, il se confie sans détours à ce sujet : “Mes tableaux de l’époque étaient très réalistes, une sorte de copie du modèle bien que cela ne fût jamais vraiment fait sous l’angle de la réalité très photographique. Il y avait toujours une sorte d’interprétation plus plastique. […] Puis j’en suis arrivé d’un seul coup à considérer que tout ce travail me fatiguait. C’est là qu’il y eut la première grande cassure dans mon travail.”1
[…]
Sur la face cachée de la peinture, Gérard Gasiorowski présente un paysage, qu’il intitule Hommage à Corot dont, là encore, il faut savoir se méfier du titre. Il ne faut pas le lire au sens de l’admiration, mais bien avec l’esprit caustique du peintre français.
1Gérard Gasiorowski, cité dans “Entretien entre Gérard Gasiorowski et Thomas West“, réalisé le 7 mai 1986, édité par Frédéric Bonnet dans Recommencer. Commencer de nouveau la peinture, cat. exp., Nîmes, Carré d’Art-Musée d’art contemporain, Ostfildern, Hatje Cantz, 2010, p. 174.
Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 78-79.
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