Eric Manigaud
Né en 1971 à Paris, France. Vit et travaille à Saint-Étienne, France.
Éric Manigaud, en véritable archiviste, exhume les photographies d’un passé trouble et violent, souvent refoulé, qu’il transpose au coeur de dessins hyperréalistes. Puisant dans les archives du XXe siècle, l’artiste utilise principalement des images à valeur documentaire, mettant en lumière la brutalité du cadre et du contexte dans lesquels elles ont été prises. Qu’il s’agisse de portraits cliniques réalisés dans des hôpitaux psychiatriques, de photographies de gueules cassées ou de cartes postales issues d’archives coloniales, il reproduit fidèlement les images à l’aide de graphite et de crayon, n’en modifiant que l’échelle. Le passage du document au dessin lui permet de neutraliser l’image et de mettre à distance la violence et le traumatisme du passé. Les individus représentés sont suspendus dans un entre-deux, un espace transitoire entre présence et absence, image et mémoire. Agités et hantés par ces fantômes du passé, les dessins d’Éric Manigaud nous exhortent à nous souvenir de ces pans douloureux de l’histoire.
L’artiste est représenté par la galerie Sator, Paris.
Anonyme, Mains coupées
Éric Manigaud réalise une série de dessins qui explore les violences du système colonial français et belge au Congo, puisant notamment dans les archives conservées au Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren (Belgique), devenu AfricaMuseum en 2018. À l’origine de ses recherches sur le sujet figure la découverte des photographies réalisées par Alice Seeley Harris, une missionnaire britannique résidant au Congo de 1898 à 1905. Indignée face aux atrocités infligées aux populations locales sous le règne de Léopold II, roi de Belgique, Alice Seeley Harris décide de documenter les sévices par la photographie afin de les dénoncer auprès des populations européennes et américaines.
Le dessin d’Éric Manigaud, Anonyme, Mains coupées, nous confronte à la cruauté de ce système : trois femmes exhibent leurs mains coupées, face à l’objectif d’un missionnaire. Ces images ont été largement diffusées, notamment en Europe et aux États-Unis, et ont suscité une vague d’indignation.
Crédits : ©Éric Manigaud. Courtesy de l’artiste et de la Galerie Sator, Paris.
Provenance : Acquise auprès de la Galerie Sator, Paris, en 2023.
Prisonniers regardant le drapeau étoile à N.A., Gustin, 1902
Crédits : ©Éric Manigaud. Courtesy de l’artiste et de la Galerie Sator, Paris.
Provenance : Acquise auprès de la Galerie Sator, Paris, en 2023.
Portrait clinique #2
Portrait Clinique #2 (2009) dessiné par Éric Manigaud convoque une image d’archive : le portrait d’une patiente réalisé dans l’hôpital psychiatrique de Weilmünster, en Allemagne, au début du XXe siècle. Au coeur de sa série de portraits cliniques, intitulée aussi Klinikum, Éric Manigaud examine les dispositifs de représentation instaurés par les institutions psychiatriques, interrogeant leur usage et leur répercussion sur les corps des patients et leur perception.
Crédits : ©Éric Manigaud. Courtesy de l’artiste.
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Sotheby’s Londres, en 2022.
Chasse, la victime de la journée, 1910
Crédits : ©Eric Manigaud. Courtesy de l’artiste.
Provenance : Acquise auprès de Fifty One Gallery, en 2023.
Rassemblement tribal, années 1930
Crédits : ©Eric Manigaud. Courtesy de l’artiste.
Provenance : Acquise auprès de Fifty One Gallery, en 2023.
Congo français, la Marseillaise, Moreau
Dans Congo français, La Marseillaise, Moreau (2022), l’artiste reproduit une carte postale représentant un groupe d’enfants chantant l’hymne national français. Cette image de propagande coloniale visait à témoigner du fort attachement des populations locales à l’identité française. Ce dessin s’inscrit au sein d’une série réalisée à partir de photographies d’archives documentant l’exploitation violente du Congo par le système colonial français, notamment dans la construction de la voie ferrée appelée alors “Congo-Océan“.
Crédits : ©Eric Manigaud. Courtesy de l’artiste.
Provenance : Acquise auprès de Fifty One Gallery, en 2023.
Untitled : Group Portrait, Broken Faces
Crédits : ©Eric Manigaud. Courtesy de l’artiste.
Provenance : Acquise auprès de Charlie Smith London, en 2016.






