Regina José Galindo
Née en 1974 au Guatemala. Vit et travaille au Guatemala.
Regina José Galindo se distingue par une pratique de la vidéo, performative et poétique où son corps devient le lieu d’une résistance radicale face aux violences sociales et politiques. Lauréate du Lion d’Or des moins de 35 ans à la 51e Biennale de Venise en 2005, elle explore ses propres limites physiques et mentales, transformant la douleur en vecteur de dénonciation. À travers la brutalité de ses mises en scène, elle confronte le spectateur aux mécanismes d’oppression, en particulier aux violences infligées aux femmes. Sa démarche artistique, marquée par l’histoire guatémaltèque et ses guerres civiles, s’incarne dans des performances contestataires, souvent choquantes, qui provoquent réflexion et choc émotionnel, élevant l’acte artistique en acte critique et politique.
L’artiste est notamment représentée par ADN Galeria, Barcelone, et Prometeo Gallery, Milan.
Reconocimiento de un cuerpo
Dans Reconocimiento de un cuerpo (Reconnaissance d’un corps), celui de Regina José Galindo, totalement anesthésié, est allongé sur un lit, recouvert intégralement d’un drap blanc, évoquant un linceul. Lors de cette performance réalisée au Centro Cultural de España, à Córdoba, en Argentine, en 2008, les visiteurs étaient libres d’observer ou de lever le voile sur le corps de l’artiste nu et inerte. Comme le souligne Clare Carolin, cette oeuvre fait référence aux “desaparecidos (disparus) d’Amérique latine, en particulier les victimes du terrorisme d’État en Argentine dans les années 1970 et 1980.“ 1
1Clare Carolin “After the digital we rematerialize: distance and violence in the work of Regina José Galindo” dans Regina José Galindo, Milan, SilvanaEditoriale, 2011, p.133.
Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 188-191.
Provenance : Acquise auprès de Prometeo Gallery, à Milan, en 2009.
