a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

Raymond Depardon

Né en 1942 à Villefranche-sur-Saône, France. Vit et travaille en France.

Raymond Depardon est une figure emblématique de la photographie et du cinéma documentaire, dont l’oeuvre résonne profondément dans la mémoire collective. Cofondateur de l’agence Gamma en 1966 avec Gilles Caron, il rejoint Magnum Photos en 1979. Son humanisme imprègne l’ensemble de son travail, qu’il s’agisse de ses photographies, de ses écrits mêlant journalisme et autobiographie, ou de ses films documentaires, qui capturent le quotidien avec une rare sensibilité. Au fil des décennies, Raymond Depardon s’immerge dans des thématiques variées : la psychiatrie dans les années 1980 (San Clemente, en Italie), l’institution judiciaire dans les années 1990, ou encore le monde rural dans les années 2000. Photographe reporter, portraitiste des personnalités politiques, Raymond Depardon est aussi surnommé le “photographe des Jeux olympiques”. Entre 1964 et 1980, de Tokyo à Moscou, il immortalise des moments historiques à travers le prisme du sport. À Mexico, en 1968, dans un contexte de tensions raciales et de lutte pour les droits civiques, il capture l’image du sprinter américain Lee Evans rendant hommage aux Black Panthers après sa victoire au 400 m, contribuant ainsi à transformer ces athlètes en symboles et légendes intemporelles.

L’artiste est représenté par la Galerie RX, Paris.

Jeux Olympiques, Mexico, 1968
Raymond Depardon

Jeux Olympiques, Mexico, 1968

Provenance : Acquise auprès de Magnum Photos, en 2007.

Année : 1968
Édition : Éd. x/x
Matériaux : Tirage vintage
Hauteur : 40 cm
Largeur : 80 cm
ITALY. Piedmont region. Collegno near Turin. 1980. Psychiatric hospital.
Raymond Depardon

ITALY. Piedmont region. Collegno near Turin. 1980. Psychiatric hospital.

À la demande de Franco Basaglia, psychiatre italien, Raymond Depardon se rend en Italie pour photographier la réalité des asiles, dans un contexte de transformation des soins psychiatriques, marqué par le démantèlement progressif de nombreuses institutions dans les années 1970-1980.

Le photographe se rend d’abord à Trieste, puis découvre par hasard San Clemente, une île vénitienne abritant un ancien monastère transformé en asile. Dans cette institution, les médecins sont peu présents et les patients semblent évoluer librement dans la mesure permise par le contexte d’enfermement. En 1979, il revient dans l’institution psychiatrique à San Clemente avec Sophie Ristelhueber pour filmer les derniers instants du lieu avant sa fermeture.

Au cœur de ces portraits photographiés ou filmés, la liberté apparente des patients se heurte à l’angoisse de leur enfermement. Dans le portrait, le sujet photographié par Raymond Depardon cache sa tête et son corps dans la veste qu’il porte, tirant avec force sur chaque extrémité pour présenter un corps crispé, replié sur lui-même. Sa posture figure la réclusion et cette scission à la fois intérieure et extérieure de l’être isolé, exclu et invisibilisé par la société.

Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 56-57.

Provenance : Collection Buhl. Acquise auprès de la maison de vente Tajan Paris, en 2013.

Année : 1980
Édition : Éd. x/x
Matériaux : Tirage argentique d'époque
Hauteur : 20 cm
Largeur : 25 cm