Rashid Johnson
Né en 1977 à Chicago, États-Unis. Vit et travaille à New York, États-Unis.
Au début de sa carrière, Rashid Johnson – diplômé de l’École de l’Institut d’art de Chicago – s’oriente vers la photographie, avant de se tourner vers une pratique pluridisciplinaire explorant aussi bien la vidéo, la photographie, la sculpture, la peinture et l’installation. Il travaille avec une diversité de matériaux comme la cire, l’acier, le laiton, le beurre de karité, la céramique, et une variété d’objets familiers (livres, disques et bandes VHS). Généralement associé au mouvement du post-black art, son travail engage des questions raciales, culturelles, d’identité personnelle, d’intégration et du devoir de mémoire. Il s’appuie sur de nombreuses références historiques et interroge l’identité afro-américaine, tout en développant des réflexions autour du mysticisme et de la cosmologie.
L’artiste est représenté par la galerie Hauser & Wirth.
Look at Me
Dans Look at Me (2010), Rashid Johnson ravive un héritage culturel à travers un autel assemblant différents objets : savon noir, cire, beurre de karité et une pochette de vinyle Look at Me de The Moments. Il réinvestit l’espace domestique, ses rites et ses signes, à travers l’usage de produits associés à des pratiques quotidiennes – l’écoute de musique et le soin apporté au corps – intimement liées à l’expérience personnelle de l’artiste.
Importé d’Afrique de l’Ouest, le savon noir est notamment utilisé pour les peaux sensibles ; le beurre de karité est quant à lui employé comme un produit nutritif et protecteur pour le corps. Ces deux ressources naturelles, régulièrement présentes dans les œuvres de Rashid Johnson, sont ici mélangées à la cire noire, puis étalées sur un panneau de bois, formant une couche protectrice qui convoque l’idée de guérison, centrale dans la démarche de l’artiste.
Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 82-83.
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Christie’s Londres, en 2015.
