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Mounir Fatmi

Né en 1970 à Tanger, Maroc. Vit et travaille entre Paris, Lille, France, et Tanger, Maroc.

Mounir Fatmi développe, à travers une pratique artistique multimédia, une réflexion sur l’histoire des technologies et leur influence dans la culture populaire. L’artiste est intéressé par l’idée de médiums morts, notamment à travers l’usage de matériaux techniques, parfois des outils de communication obsolètes : cassettes VHS, câbles d’antennes, photocopieurs, machines à écrire, entre autres. Ses installations lient langage, architecture et machine, trois données essentielles pour l’artiste et la réflexion qu’il porte sur des sociétés en crise. Elles lui permettent de questionner des thématiques variées, en lien avec l’histoire, la mémoire, les rapports et jeux de pouvoir, les religions ou encore les fondements philosophiques qui structurent nos sociétés. Il aborde des sujets variés, parfois sensibles, comme les attentats du 11 septembre 2001, avec une série d’installations intitulée Save Manhattan, combinant langage et architecture, la skyline de la ville étant dessinée avec des ouvrages littéraires, philosophiques, journalistiques et religieux. Comme beaucoup de ses installations, l’œuvre nous met à distance pour nous permettre de réfléchir et de reconstruire notre rapport au monde.

L’artiste est représenté par la galerie Ceysson & Bénétière, Paris.

 

Save Manhattan 01
Mounir Fatmi

Save Manhattan 01

Avec son installation Save Manhattan 01, Mounir Fatmi interroge l’impact des attentats du 11 septembre 2001, explorant “le bouleversement psychologique, social, intellectuel par le prisme de l’architecture“.

Il sélectionne plusieurs ouvrages littéraires, journalistiques, politiques, religieux, poétiques, publiés peu après les attentats pour reconstituer la skyline de Manhattan avant 2001, remplaçant singulièrement les Twin Towers par deux éditions du Coran. L’ombre projetée des ouvrages suffit pour reconnaître l’architecture de la ville, envisagée comme une référence culturelle ancrée dans les imaginaires collectifs. Cette distance, instaurée physiquement avec le drame, éloigne le spectateur du choc de l’émotion pour lui offrir un espace de réflexion où il peut appréhender l’impact du traumatisme et l’inscrire dans une perspective historique.

Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 128-129.

Provenance : Acquise auprès de Lombard-Freid Projects, en 2009.

Année : 2004
Édition : Ed. 3/5
Matériaux : Table, livres publiés après le 11 septembre 2001, élastiques, projecteur
Hauteur : 90 cm
Largeur : 150 cm