Jake & Dinos Chapman
Nés en 1966 et 1962 à Londres et Cheltenham, Angleterre. Vivent et travaillent à Londres, Angleterre.
Les frères Jake et Dinos Chapman participent à un projet artistique commun pendant près de 30 ans. Leur style, reconnaissable, est d’un genre peu commun, qu’ils définissent eux-mêmes comme “trash” et “gore”. Issus du groupe des Young British Artists avec notamment Tracey Emin, Gavin Turk et Damien Hirst, ils deviennent très vite célèbres grâce à leurs oeuvres qui créent souvent la controverse. Ils construisent leur travail sur l’idée d’anti-art, sur le détournement des principes classiques et traditionnels, concevant des oeuvres cyniques, emplies d’ironie et d’autodérision. Une partie du travail de Jake et Dinos Chapman consiste à réaliser des maquettes recouvertes de figurines en modèle réduit. Les scènes représentées sont toujours d’une extrême violence, nombre d’entre elles ont pour sujet le nazisme. Dans un espace réduit, les deux artistes mettent en exergue les tabous du passé ; ils concentrent et exposent à la lumière la violence d’un peuple, l’inhumanité d’une nation et font de l’horreur une scène de jeu.
The wheels on the bus go round and round, round and round, round and round, the wheels on the bus go round and round, all day long”
Avec Wheels of the Bus Go Round and Round…, les frères Chapman donnent à voir une scène d’horreur : un charnier où les corps s’entassent et s’entrelacent, composant un paysage de guerre écrasé par une roue faite de chair. Les figurines, figées dans des gestes cycliques et grotesques, deviennent les rouages d’une machine sociale aliénante. Ce diorama dramatique mêle répulsion, violence et absurdité, offrant un regard profondément cynique sur l’inhumanité de la guerre.
Provenance : Acquise auprès de la galerie White Cube, Londres, en 2012.
Untitled
Dans les œuvres des frères Jake et Dinos Chapman, l’horreur est déjouée et subvertie par un processus de détournement cynique, caractéristique de leur pratique. Suivant ce processus créatif, ils conçoivent un baby-foot où s’opposent une équipe de clones d’Adolf Hitler et une équipe d’hommes déportés. Avec cette œuvre, Jake et Dinos Chapman soulignent non seulement l’absurdité de la guerre, mais aussi l’exploitation totale des corps, réduits à l’état d’objet, une matière première que l’on façonne, contrôle, exploite, avant de l’éliminer. Comme le formule l’universitaire Jonathan Harris, “si les Chapman figurent quelque chose dans
leurs œuvres, c’est la flexibilité de toutes les énergies humaines mobilisées comme matière première à des fins
étatiques, corporatives et capitalistes.”1
1 Jonathan Harris, “The future remains excluded:beyond the pleasure principle, ‘Slow-Motion Facism’ and the Chapman Brothers (and Sisters)“, dans Inside the Death Drive: Excess and Apocalypse in the World of the Chapman Brothers, Liverpool, Tate Liverpool/Liverpool University Press, 2010, p. 18
Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 146-147.
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Phillips Londres, en 2012.
Cannibal Ferox
Le titre fait référence à un film gore italien écrit et réalisé par Umberto Lenzi en 1981, faisant écho à la violence de la scène représentée. Dans un paysage miniature postapocalyptique, corps décharnés et squelettes se mêlent au décor. À la surface, une scène d’horreur se déploie : un pendu se balance près d’un soldat armé, livré à la folie. L’œuvre dégage une forte intensité dramatique, une tension et une confrontation que certains critiques, comme Lisa Baldissera et Lee Henderson, rapprochent de l’esthétique baroque, telle qu’elle s’affirme depuis le XVIIᵉ siècle, marquée par l’accumulation et l’excès. Le recours à la miniature introduit une dimension cynique, imposant une proximité troublante avec les corps et l’horreur d’un conflit absurde.
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Christie’s Londres, en 2010.
One day you will no longer be loved
Neuralgia
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Sotheby’s Londres, en 2010.




