Alpha Beta
Alpha Beta (2009) est une installation de 28 couteaux en acier doux polis aimantés sur le mur qui inscrivent ensemble l’alphabet arabe. Comme le souligne Storm Janse van Rensburg, Kader Attia joue sur les différentes perceptions et symboliques du couteau, perçu à la fois comme symbole de pureté et de paix, dans la culture orientale, de non-violence et de défense dans la culture sikhe, par exemple, tout en étant associé, dans le contexte européen, au pouvoir, à l’autorité, la violence, et in fine à la criminalité, en particulier à l’époque contemporaine1.
Les lectures que nous pouvons faire de l’œuvre, de l’association du couteau à l’alphabet arabe, sont intimement liées à notre perception même de l’objet et à notre imaginaire collectif.
1 Storm Janse van Rensburg, “Kader Attia-Alpha Beta“, 2009, sur le site internet de Kader Attia.
Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 130-131.
Provenance : Acquise auprès de la Goodman Gallery, Johannesburg, en 2009.
Stairway charcoal sculpture
Avec Stairway charcoal sculpture, l’artiste joue avec la vision du spectateur en lui proposant un escalier en lévitation composé de morceaux de charbon de bois suspendus. Il semble avoir brûlé ou être en train de se décomposer. Avec cette représentation d’un intérieur domestique, Seon Ghi Bahk met en relation l’humain et la nature par l’utilisation d’un matériau naturel, le charbon de bois, qu’il considère comme une autre forme d’existence de l’arbre. L’installation devient paradoxale, sommes-nous face à des cendres ou face à une renaissance ? Dans les traditions coréennes, le charbon de bois est utilisé dans des rituels de purification, pour éloigner les mauvais esprits ou annoncer la naissance d’un enfant. Cette installation prend alors un autre sens en engageant un discours autour du cycle de la vie, entre transition, fugacité et permanence.
Provenance : Krampf Gallery. Acquisition en 2008.
Hands
Tunnel with dark hole
Pour Tunnel with dark hole, l’artiste réussit à nouveau à donner l’illusion d’un lieu existant. Pourtant, et comme à son habitude, nous sommes confrontés à la photographie d’une maquette. La lumiere et l’atmosphère naturelles, terreuses, crééent un leurre. Cette image, flirtant avec l’hyperréalisme intrigue et attise la curiosité du public, qui fréquemment demande la localisation de ces lieux si mystérieux. L’objectif est double, créer un sentiment ambivalent mêlant malaise et curiosité.
The wheels on the bus go round and round, round and round, round and round, the wheels on the bus go round and round, all day long”
Avec Wheels of the Bus Go Round and Round…, les frères Chapman donnent à voir une scène d’horreur : un charnier où les corps s’entassent et s’entrelacent, composant un paysage de guerre écrasé par une roue faite de chair. Les figurines, figées dans des gestes cycliques et grotesques, deviennent les rouages d’une machine sociale aliénante. Ce diorama dramatique mêle répulsion, violence et absurdité, offrant un regard profondément cynique sur l’inhumanité de la guerre.
Provenance : Acquise auprès de la galerie White Cube, Londres, en 2012.
Dream House
Dream House est un portfolio de douze tirages réalisé par Gregory Crewdson dans le cadre d’une commande du New York Times Magazine en 2002. Contrairement à ses séries précédentes, l’artiste fait appel à des acteurs reconnus — notamment Tilda Swinton, Philip Seymour Hoffman, Gwyneth Paltrow, William H. Macy et Julianne Moore — qui acceptent d’interpréter et de poser dans ce mélodrame photographique. Les mises en scène, minutieusement élaborées, sont réalisées dans une maison inoccupée située à Rutland, dans le Vermont, que Gregory Crewdson découvre quelques mois auparavant. Pour mener à bien ce projet, l’artiste travaille avec une équipe d’une vingtaine de techniciens, ainsi qu’avec le directeur de la photographie du magazine, Rick Sands.
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Christie’s New York, 2011.
Série Twilight
Ce tableau photographique de Gregory Crewdson est issu de la série Twilight. L’artiste y explore le sentiment de culpabilité à travers la mise en scène d’une jeune femme prostrée. Au cœur de la série, les personnages, souvent isolés, sont enfermés dans une profonde tristesse ou, comme dans cette photographie, dans une culpabilité accablante. Celle-ci semble peser sur la jeune femme, photographiée de dos et vêtue de sous-vêtements. Dans Twilight, les scènes se déroulent systématiquement au crépuscule, cette “heure magique“ qui instaure une tension entre le normal et le paranormal. La lumière, utilisée comme un véritable dispositif narratif, participe pleinement à la théâtralisation du quotidien, transformant celui-ci en quelque chose de mystérieux et suggestif.
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Phillips Londres, en 2010.
Devils’ and ‘Angels
Deposizione
La Deposizione est une version moderne de la déposition du Christ montrant un homme nu reposant sur les “bras” d’un chariot élévateur. Cette oeuvre fait référence au scandale de l’amiante et au procès de l’ex-propriétaire du groupe suisse Eternit et d’un ancien actionnaire belge de cette même société, qui s’est tenu à Turin en 2009. Le “maxi procès Eternit“, comme il est appelé en Italie. Le plus grand procès jamais organisé sur le drame de l’amiante et le premier procès au pénal. Selon les associations de victimes, il rassemble plus de 6 000 parties civiles. Le Tribunal de Turin a demandé des peines très lourdes contre les ex-dirigeants du groupe avec la forte volonté de constituer un précèdent pour les procès de “crimes environnementaux“. L’amiante est responsable principalement de l’asbestose et du cancer du poumon, pathologies mortelles qui se déclarent entre 15 à 20 ans et 30 à 40 ans après la première exposition. Cette oeuvre représente le sacrifice physique et mental des ouvriers employés d’Eternit.
Provenance: B&D studio contemporanea (Milan). Acquisition en 2008.
The trust I never dared
The truth I never dared fut exposée à la FIAC en 2009. Ces deux cygnes entrelacés font face à une corde de pendu et à une citation “the trust I never dared”. Le cygne est un symbole de lumière, d’éclat et de pureté. Dans le chamanisme, le totem du cygne est associé à l’amour, à l’inspiration, à l’intuition, à la grâce et à la beauté. Étant un oiseau aquatique, il est également associé aux émotions et à la spiritualité. Les cygnes sont monogames et fidèles, ils symbolisent l’amour éternel. Dans la mythologie grecque, Zeus prend la forme d’un cygne pour séduire Léda, épouse du roi déchu Tyndare (Léda et le Cygne est un tableau de Léonard de Vinci). La corde, synonyme de pendaison, est ici directement liée aux cygnes entrelacés et symbolisent l’union et la réciprocité de la trahison. La citation « The trust I never dared » réfère à un manque de confiance et pourrait être traduite ainsi « La vérité que je n’ai jamais assumée ».
Provenance : Galerie Loevenbruck. Acquisition en 2009.
Currency, 2.1.11-2.28.11′ (february 2011)
Pour Currency, elle travaille chaque jour sur son projet, un dessin comme rituel quotidien où elle transmet, dans un aspect quasi documentaire, un témoignage sur son temps. Le mois de février marque l’espoir d’un peuple, une volonté de liberté défendue dans la violence et le sang.
Provenance : Mixed Greens. Acquisition en 2011.










