Enfance et Institutions : entre romance et trauma

du 22 novembre 2014 au 15 février 2015

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Un cocon où les enfants s’épanouissent: c’est l’image romantique du foyer. Mais que se passe-t-il lorsque la famille n’offre pas le cadre attendu ? Et si l’enfant mineur devient lui-même source de problèmes ? Les autorités doivent alors intervenir, dans son intérêt. Mais que cela implique-t-il pour l’enfant lui-même ? Son placement dans une institution d’aide à la jeunesse représente-t-il une escale, une halte ou une intervention qui influencera toute sa vie, et parfois le traumatisera ?

Enfance et Institutions présente l’histoire de l’aide à la jeunesse : de l’optimisme des institutions qui se veulent des alternatives pédagogiques jusqu’à la sensibilité récente à l’égard des pratiques pouvant fragiliser l’enfant. Les institutions d’aide à la jeunesse prodiguent des soins et une protection, mais peuvent également laisser des blessures. Les enfants y sont-ils éduqués ou infantilisés ? Enfance et Institutions répond à un ardent et actuel débat de notre société et propose d’intensifier par le visuel les questionnements autour de l’aide à la jeunesse.

Enfance et Institutions : entre romance et trauma
Family tree
Jenny Scobel

Family tree

Le style de cette peinture est très personnel, s’approchant d’une esthétique désuète des années 1930 aux années 1940. Jenny Scobel a choisi le visage d’une enfant mais dont le buste est différent. Derrière elle, “l’arbre généalogique” ou la transmission d’une condition, d’un comportement ou d’un mal-être lié à l’alcoolisme.

 

Provenance : Zeno X Gallery. Acquisition en 2012.

Année : 2012
Édition : pièce unique
Matériaux : Graphite, huile et wax sur bois
Hauteur : 121,9 cm
Largeur : 86,3 cm
Child with a toy hand grenade in Central Park, N.Y.C., 1962
Diane Arbus

Child with a toy hand grenade in Central Park, N.Y.C., 1962

Diane Arbus illustre les tensions entre l’individu et le collectif dans sa célèbre photographie Child with a toy hand grenade in Central Park, N. Y.C., 1962. Cette image capte un moment de vie quotidienne, la crispation d’un enfant qui tient dans sa main droite un jouet en forme de grenade. L’image, à première vue anodine, prend rapidement un sens plus large. Ce portrait est souvent interprété comme un reflet des tensions politiques aux États-Unis, notamment de son rôle dans les conflits armés des années 1960 et 1970, devenant un symbole des fractures sociales et de l’agitation de cette époque1. Sur la planche-contact, on découvre que la session complète avec le jeune garçon s’étend sur onze prises de vues, celle choisie par l’artiste étant la huitième de la série. Comme l’analyse avec justesse Deborah Nelson2, l’enfant pose d’abord timidement, puis il commence à sourire et à interagir avec la photographe. Progressivement, il éprouve une exaspération, sans doute liée à la longueur de l’expérience, que la huitième prise de vue cristallise. C’est au cœur de son interaction avec Diane Arbus que l’enfant exprime cet état de crispation, peinant à maintenir son calme.

1 Cette photographie a souvent été rapprochée du contexte de la guerre du Vietnam par des critiques, indépendamment d’une intention déclarée de l’artiste. Voir Metropolitan Museum of Art, notice en ligne de l’œuvre Child with a toy hand grenade in Central Park, N.Y.C., 1962.
2 Deborah Nelson, “Diane Arbus: A Feeling for the Camera”, dans Tough Enough: Arbus, Arendt, Didion, McCarthy, Sontag, Weil, Chicago, University of Chicago Press, 2017, pp. 121-142.

Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 64-65.

 

Provenance : Buhl Collection. Acquise auprès de la maison de vente Sotheby’s New York, en 2011.

Année : 1962
Édition : Ed. 40/75
Matériaux : Tirage argentique posthume réalisé par Neil Selkirk
Hauteur : 38,1 cm
Largeur : 38,1 cm