Aperture Foundation
Œuvres de l'exposition :
A Jewish giant at home with his parents in the Bronx, N.Y. 1970
Chaque individu photographié par Diane Arbus révèle un aspect essentiel de sa personnalité et dégage un charisme ou une émotion parfois troublante. Dans une maison ordinaire du Bronx, l’artiste immortalise une famille singulière : le géant Eddie Carmel aux côtés de ses parents.
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Phillips New York, en 2011.
Tirage posthume provenant de A Box of Ten Photographs.
Child with a toy hand grenade in Central Park, N.Y.C., 1962
Diane Arbus illustre les tensions entre l’individu et le collectif dans sa célèbre photographie Child with a toy hand grenade in Central Park, N. Y.C., 1962. Cette image capte un moment de vie quotidienne, la crispation d’un enfant qui tient dans sa main droite un jouet en forme de grenade. L’image, à première vue anodine, prend rapidement un sens plus large. Ce portrait est souvent interprété comme un reflet des tensions politiques aux États-Unis, notamment de son rôle dans les conflits armés des années 1960 et 1970, devenant un symbole des fractures sociales et de l’agitation de cette époque1. Sur la planche-contact, on découvre que la session complète avec le jeune garçon s’étend sur onze prises de vues, celle choisie par l’artiste étant la huitième de la série. Comme l’analyse avec justesse Deborah Nelson2, l’enfant pose d’abord timidement, puis il commence à sourire et à interagir avec la photographe. Progressivement, il éprouve une exaspération, sans doute liée à la longueur de l’expérience, que la huitième prise de vue cristallise. C’est au cœur de son interaction avec Diane Arbus que l’enfant exprime cet état de crispation, peinant à maintenir son calme.
1 Cette photographie a souvent été rapprochée du contexte de la guerre du Vietnam par des critiques, indépendamment d’une intention déclarée de l’artiste. Voir Metropolitan Museum of Art, notice en ligne de l’œuvre Child with a toy hand grenade in Central Park, N.Y.C., 1962.
2 Deborah Nelson, “Diane Arbus: A Feeling for the Camera”, dans Tough Enough: Arbus, Arendt, Didion, McCarthy, Sontag, Weil, Chicago, University of Chicago Press, 2017, pp. 121-142.
Fondation Francès, XXH, excès individuels et collectifs, 100 œuvres à vif et à vivre, catalogue exposition, Paris, 2026, pp. 64-65.
Provenance : Buhl Collection. Acquise auprès de la maison de vente Sotheby’s New York, en 2011.
Teenage couple on Hudson Street, N.Y.C. 1963
Provenance : Acquise auprès de la maison de vente Bonhams & Butterfields New York, en 2010.
Jacob Israel Avedon Portfolio
Entre 1969 et 1973, Richard Avedon réalise des portraits de son père, Jacob Israel Avedon. Les photographies saisissantes de cet homme rongé par un cancer, dans les dernières années de sa vie, résonnent comme un memento mori. Sur le visage de son père, l’émotion saisie devient l’émotion de tout un peuple face à la fragilité de l’être.
Provenance : Christie’s Paris. Acquisition en 2010.
Ratman
Le cadre resserré des photographies de Roger Ballen accentue l’angoisse, une sensation de claustrophobie recherchée par l’artiste. Le spectateur est pris au piège, obligé de regarder en face ce qu’il pourrait souhaiter oublier. Ratman met au premier plan un homme sale, dénudé, perdu avec les souris. Roger Ballen photographie et donne une place à ceux que la société a abandonné comme de vulgaires déchets. La misère est vue comme une vaste décharge que l’on souhaiterait enfouir sans savoir la recycler.
Provenance : Artcurial Paris. Acquisition en 2010.
Asylum
Asylum joue avec la perception du spectateur croyant découvrir un espace réel, alors confiné et dédié à l’isolement. La lumière proche de celle que l’on retrouve dans les églises est transversale et renforcée par l’obscurité des pièces qui prêtent à l’isolement et à la prière. Cette œuvre créée l’illusion de la boîte, liée à la maquette mais aussi à cet espace limité, une sorte de prison, ou de refuge, un lieu fait d’ombres et de lumières, incitant à la méditation.
Matt K
Avec Matt K, l’artiste célèbre la forme humaine, en regroupant sur ces photographies en noir et blanc les images de la diversité, les portraits de la vie.
Provenance : Team Gallery. Acquisition en 2011.
Woman who died in her sleep’ (série Morgue)
Woman who died in her sleep, est une oeuvre qu’il réalise en 1972, lorsqu’il commence son travail sur le thème de la morgue. La femme représentée sur cette photographie, nous laisse perplexe ; de prime abord, elle semble endormie, des coutures sombres traversent grossièrement son corps nu, étendu sur un brancard, et n’offrent aucun doute sur son véritable état. Les marques qui figurent sur ce corps sont celle de l’autopsie.
L’artiste saisit, au-delà de la mort omniprésente, l’apparent repos qui se dégage de ce corps féminin. Sa position reflète également ce moment où, s’étirant poings fermés, l’humain rompt avec son état semi-conscient dû au sommeil. La photographie diminue, ici, la distance entre le sommeil et la mort, deux états qui ne se révèlent pas si éloignés l’un de l’autre. Le mimétisme est patent, le sommeil s’apparente à la mort et la mort se dissimule derrière la forme du sommeil.
Provenance : Galerie Vu. Acquisition en 2007.
Demented Billy’ (série Female Impersonators)
La notion de transgression est récurrente dans le travail de Jeffrey Silverthorne. C’est cette notion d’interdits, de jeu, de dépassement de soi aussi bien psychologiquement que physiquement, que l’on retrouve avec Demented Billy. En représentant cet ange torturé, perdu entre innocence, virilité et ridicule, l’artiste fait la démonstration d’une détresse avec beaucoup de dérision. Chaque série photographique est une expérience pour celui qui s’y confronte.
Provenance : Galerie Vu. Acquisition en 2010.
Boy Hit by Car’ (série Morgue)
Provenance : Galerie Vu. Acquisition en 2010.
Paul
Plus que des vues ce sont des ambiances, des textures, des idées que Jeffrey Silverthorne photographie. Avec Paul, il symbolise l’affirmation d’une contre-culture, le courage d’une jeunesse qui ne trouve pas sa place dans la société. L’artiste donne un visage à une génération oubliée.
Provenance : Galerie Vu. Acquisition en 2011.









