International Herald Tribune
Global Edition New York Times – Le 26 février 2010

In pursuit of the finer things. The art of collecting art (Part 3: Foundations)
Vocation. From collection to institution.
Creating a home to protect and nuture artworks
In 2009, a couple, Estelle and Hervé Francès, set up the Fondation Francès in Senlis, France to show off their collection of 350 pieces of contemporary art, which they began to put together only five years ago. Their gallery is adjacent to their home, (…) in the beautifully preserved medieval city near Paris made famous recently by the film ‘Seraphine’ (the true story of Séraphine Louis, a native painter from Senlis who was discovered by a German art dealer).(
How to build a collection : cultivate patience, but be ready to swoop like a hawk
For the love of art. Preserved for posterity.
(…) Estelle and Hervé Francès, creators of the Fondation Francès in Senlis, France, also seek to communicate their passion for art to others, choosing « art that disturbs but inspires dialogue »for their 350-piece collection, with works by such taboo-breaking artists as Andres Serrano, Erwin Olaf and Dash Snow.
Their method for deciding whether to buy a work is to talk it through together. « I need to have the keys to explain a work to my three children », says Estelle Francès. If the couple does not agree about a pièce, they don’t buy it.
The one exception was ‘Eat Shit and Die’, an installation by Dash Snow, an American artist who died of a drug overdose last year just before his 28th birthday. Hervé wanted to buy it, but Estelle did not. « I’m okay with ‘man and his excesses’ and difficult subjects like death », she says,« but pure destruction is more difficult for me. »They agreed that Snow is an important artist, however, and bought the installation anyway. « He’s a witness to our time », she says. « I still don’t have the keys to explain the work, but I’ll find them. »

Images Magazine
La collection Francès – Décembre 2009 Janvier 2010

Initiée il y a sept ans, la collection d’Estelle et Hervé Francès a commencé un peu par hasard.
(…) Pour eux, découvrir et acquérir une pièce, c’est un choix commun, souvent évident puisque collectionner est une pulsion intime, définie par l’histoire de chacun. Ainsi s’est dessinée instinctivement la ligne directrice de leur collection, orientée vers la nature de l’homme. Et s’ils ont toujours décidé de se tourner vers des œuvres qui les »remuent » tous les deux, ils s’efforcent désormais de faire des choix plus radicaux, moins directement parlants mais aussi riches de sens, afin de pousser l’autre dans ses retranchements.
Ils viennent par exemple, sous l’impulsion d’Hervé, de faire l’acquisition d’une installation de Dash Snow (Eat, shit and die) sur l’autodestruction. Un tournant puisque, si la transmission et la mort sont des thèmes récurrents dans leur collection, car le couple connaît ces sujets pour les avoir éprouvés, Estelle n’était pas sûre de pouvoir aborder celui-là. En cela, elle qualifie le fait de collectionner de « schizophrénique ». Partager ses émotions artistiques est en effet un moyen de dire des choses et de se construire. Et c’est pour cette raison que le couple a toujours partagé ses œuvres, d’abord en famille, puis très vite auprès d’un large public en organisant des expositions dans l’agence de publicité d’Hervé.
(…) Ils décident au bout de cinq ans de créer une fondation d’entreprise, où ils présentent des expositions thématiques en partenariat avec des galeries invitées. Il s’agit pour eux d’un moyen d’échanger, de soutenir un artiste et de revaloriser le métier de galeriste, qui pâtit parfois de son image de simple marchand. Le collectionneur est un stimulateur, qui permet de faire vivre la création. Les Francès sont ainsi à l’origine de la production d’œuvres, comme dans le cas de Robert Gligorov par l’intermédiaire de sa galerie italienne.
Par Laurence Cornet