Famille de sang
Le Parisien
(20 décembre 2009)
Matthys peint avec son sang
Créée en septembre 2009, la Fondation Francès, qui veut promouvoir l’art contemporain, poursuit son cycle d’expositions chocs, consacrées à des artistes qui sortent résolument des sentiers battus. Après les photos prises dans les morgues de la précédente expo, la fondation de Senlis reçoit les œuvres de Michaël Matthys, artiste belge, dont l’exposition "Famille de sang" se compose de toiles… réalisées avec son propre sang. « J’avais déjà utilisé du sang de bœuf recueilli dans les abattoirs pour peindre ma ville de Charleroi en Belgique. »
En 2006, lorsque Michaël Matthys s’attaque au projet de réaliser des fresques sur sa famille, avec des autoportraits, une évidence s’impose à lui. « Je ne pouvais pas accomplir un travail aussi personnel avec du sang animal. J’ai décidé de le faire avec mon propre sang. Mon frère est infirmier, j’ai donc pu prélever mon sang en toute sécurité. La première fois, ce ne fut pas facile à gérer psychologiquement. Mais peu à peu, je me suis habitué et j’ai trouvé mon rythme. »
(…) Sur un papier choisi pour ne pas absorber le sang de l’artiste, des scènes de famille, des autoportraits, des représentations de Michaël avec sa femme et ses enfants, jaillissent avec une étonnante intensité. « Le sang est un matériau passionnant et il est très difficile de s’en détacher, concède le peintre. »
Beaux Arts
(N° 308 – Février 2010)
Michaël Matthys peint avec son propre sang dans le but de recréer un lien familial qui a été rompu. Il dessine des scènes de repas de famille enfermées dans des cases, à la manière de la BD. A côté de ce format narratif, il exprime en grands formats l’importance et la fierté de sa propre famille, avec sa femme et ses deux enfants. Cela ne suffit cependant pas à apaiser l’artiste, qui barre de traits rageurs ses compositions. Des traces de sang qui affirment aussi le besoin vital de s’exprimer par le dessin.
L’Officiel des Galeries et Musées
(N°38- Janvier Février 2010)
Michaël Matthys (…) Artiste belge au coup de pinceau affirmé qui dépeint repas de famille, femme et enfants. Non-dits, décès, secrets… les liens du sang rapprochent autant qu’ils déchirent. En utilisant son propre sang pour portraiturer ses proches, Michaël Matthys témoigne de ces tensions familiales.
Laure Coulon, rédactrice en chef
Le Figaro Magazine
(N°20272 – Samedi 3 octobre 2009)
A partir du 14 novembre, c’est le peintre belge Michaël Matthys, de la galerie Jacques Cérami à Charleroi en Belgique, qui exposera "Famille de sang", une œuvre étonnante qui sera associée à plusieurs images de la série "Royal Blood"d’Erwin Olaf, acquises par la Fondation. Michaël Matthys a peint sa ville de Charleroi avec le sang de bœuf qu’il a recueilli dans les abattoirs, puis également sa famille… avec cette fois son propre sang.
Delphine Herbette
Arts Magazine
(Janvier 2010)
La peinture dans le sang !
Ambiance hémoglobine à Senlis où la Fondation Francès, inaugurée en septembre dernier, réunit les peintures du Belge Michaël Matthys (né en 1972). Pour réaliser cette série consacrée à sa famille, ses tensions, ses non-dits..., l'artiste a utilisé son propre sang. Comme pour renforcer le lien qui les unit face à ces images bouillonnantes de vie et dont le graphisme évoque la BD, répondent en contrepoint les photographies aseptisées du Néerlandais Erwin Olaf, 50 ans. Tirées de la série "Royal Blood", ces dernières mettent en scène avec un humour incisif des personnages historiques victimes de mort violente.
artlimited.net
Pour sa deuxième exposition la Fondation Francès, en partenariat avec la Galerie Jacques Cérami (Charleroi/ Belgique), invite l’artiste Belge Michael Matthys avec l’exposition ‘Famille de Sang’ et réuni autour de lui les œuvres d’artistes de la collection comme Erwin Olaf, et sa série Royal Blood ou Tristan une installation de Sofie Muller.
(…) Michaël Matthys a peint sa ville de Charleroi (Belgique) avec le sang de bœuf qu’il a recueilli dans les abattoirs de Gilly. Dans une phase plus introspective, il a également peint sa famille… avec son propre sang, ce qui donne aux images leur étonnante intensité.
Michaël Matthys est un artiste dont la démarche est guidée par la sincérité et la poésie. Cette approche donne à son œuvre une portée universelle. C’est ce travail, finalement incroyablement vivant, qui est présenté à la Fondation Francès.
En regard des œuvres de Michaël Matthys, plusieurs images de la série Royal Blood du photographe (hollandais) Erwin Olaf (collection Fondation Francès) sont exposées. Cette série, présentée à Paris Photo en 2000, est la plus importante réalisée par Erwin Olaf. Le thème qu’il a choisi est audacieux, il met en scène un certain nombre de personnages de l’Histoire ou des médias frappés eux-mêmes, ou leur entourage proche, par une mort violente : Jackie Kennedy Onassis au chapeau taché de sang, Lady Di marquée au fer rouge de Mercedes, une tsarine Alexandra à l’œil droit totalement carmin, un androgyne Louis II de Bavière au col de manteau maculé, une Sissi avec une lime plantée en plein cœur, un Jules César poignardé dans le dos par une dague et enfin, une Marie-Antoinette tenant une tête coupée.
Images Magazine
(N°38- Décembre 2009 Janvier 2010)
Les peintures autobiographiques de Michael Matthys sont mises en perspective avec les photographies de la série "Royal Blood" d'Erwin Olaf, dressant un portrait mode et morbide non dénué d'humour des têtes couronnées internationales.
Artistikrezo.com
(12 novembre 2009)
Pour sa deuxième exposition la Fondation Francès, en partenariat avec la Galerie Jacques Cérami (Charleroi/ Belgique), invite l’artiste Belge Michael Matthys avec l’exposition "Famille de Sang" et réunit autour de lui les œuvres d’artistes de la collection comme Erwin Olaf, et sa série "Royal Blood" ou Tristan une installation de Sofie Muller.
(…) Michaël Matthys a peint sa ville de Charleroi (Belgique) avec le sang de bœuf qu’il a recueilli dans les abattoirs de Gilly. Dans une phase plus introspective, il a également peint sa famille… avec son propre sang, ce qui donne aux images leur étonnante intensité.
Michaël Matthys est un artiste dont la démarche est guidée par la sincérité et la poésie. Cette approche donne à son œuvre une portée universelle. C’est ce travail, finalement incroyablement vivant, qui est présenté à la Fondation Francès.
(…) En regard des œuvres de Michaël Matthys, plusieurs images de la série "Royal Blood" du photographe Erwin Olaf. Cette série, présentée à Paris Photo en 2000, est la plus importante réalisée par Erwin Olaf. Le thème qu’il a choisi est audacieux, il met en scène un certain nombre de personnages de l’Histoire (…) frappés eux-mêmes (…) par une mort violente : Jackie Kennedy Onassis au chapeau taché de sang, Lady Di marquée au fer rouge de Mercedes, une tsarine Alexandra à l’œil droit totalement carmin, un androgyne Louis II de Bavière au col de manteau maculé, une Sissi avec une lime plantée en plein cœur, un Jules César poignardé dans le dos par une dague et enfin, une Marie-Antoinette tenant une tête coupée.
Le Journal des Arts
(N° 317 – 22 janvier 4 février 2010)
Globules rouges Chair Famille
Pour sa deuxième exposition, la Fondation Francès affirme l’audace de ses partis-pris.
(…) Quand la Fondation renchérit dans l’hémoglobine avec l’exposition "Famille de sang" en accueillant la série de peintures de Michaël Matthys réalisée avec ses propres globules rouges, les a priori laissent soudain place à la contemplation absorbée d’une œuvre forte et franche. La série "Royal Blood" d’Erwin Olaf (collection Francès), qui donne la réplique aux grandes compositions du dessinateur belge, semble même lui servir de faire-valoir. La démarche de Matthys n’a en effet rien à voir avec la provocation par le trash, ici caricaturée par Olaf dans ses photographies mettant en scène la violence de la mort (de Diana à Marie-Antoinette) dans l’impassible esthétique de la photo de mode.
(…) Quoi de plus logique alors de peindre sa propre famille, la chair de sa chair, avec son sang ? Conscient des dérives interprétatives qu’il encourt, l’artiste parle de son choix avec prudence. Il annonce la fin du projet : il a déjà cessé ses prises de sang. La matière n’est pas anodine, elle manifeste sa puissance symbolique dès l’atelier où elle insuffle parfois « un sentiment de toute puissance », confie-t-il, presque effrayé. La substance, qui glisse (obligeant à travailler au sol), sèche et coagule, sert le trait expressif qui saisit les attitudes sur le vif et hachure violemment la feuille, comme pour cacher l’insoutenable.. Car, comme toutes les réunions de famille, celles que peint Matthys dans ses grandes planches racontent la solitude dans le groupe, l’impossible communication avec les siens sous le poids des tabous. L’artiste, qui prend en charge le récit refoulé de la famille, se dévouerait-il au sacrifice ? En se ‘saignant’ pour peindre, Matthys parle inévitablement de la place de l’artiste dans la société, et d’abord dans le noyau familial. L’ambiguïté du sang de Matthys sonne comme un mémento mori dans une époque qui a évacué la mort de ses rituels. Cette piste métaphysique pourrait définir la cohérence de la collection Francès davantage que son goût pour le sanguinolent : le sang évoque la mort car il est un signe de vie.
Julie Portier
viafrance.com
(…) Le concept ne manque pas de sang froid. Michaël Matthys peint en effet sa ville de Charleroi avec du sang de bœuf. Les liens du sang sont quant à eux illustrés au pied de la lettre : l'artiste peint sa famille… avec son propre sang ! Les œuvres ainsi obtenues sont d'une réalité poignante, mais pas dénuées de poésie pour autant.