VILLE D'HISTOIRE ET DE PATRIMOINE

Des arènes gallo-romaines aux traces de la seconde guerre mondiale, Senlis traverse les Temps et garde en mémoire les événements marquants de l’Histoire.

Les arènes semi-excavées constituent un site unique en Picardie. Édifiées au 1er siècle, elles pouvaient accueillir 8 000 spectateurs pour assister à des combats de gladiateurs avec des bêtes sauvages ou des combats d’animaux.
La muraille gallo-romaine construite au IIIe siècle est l’une des rares conservées dans sa quasi-intégralité en France.
Le château royal, reconstruit au XIIe siècle sur les vestiges d’un palais mérovingien puis carolingien, a vu Hugues Capet devenir roi des Francs en 987. De nombreux rois s’y succédèrent. Henri IV fut le dernier à séjourner au château et Louis XIII, dernier hôte royal de l’évêché.
ATGET Eugène, Porche de a cathédrale de Senlis, C.1900-BDLa Cathédrale Notre-Dame de Senlis est l’un des premiers monuments gothiques de France et une des plus petites cathédrales de France. Construite au XIIe siècle (1153-1191), son joyau est préservé dans le tympan du portait ouest : le couronnement de la Vierge est y représenté et nous offre une partie de sa polychromie d’origine.

Senlis garde la trace des événements historiques. Délivrée des Anglais par Jeanne d'Arc en 1429, la ville fut de nouveau occupée en 1870 par les Uhlans (cavaliers lanciers de l’armée prussienne), puis en 1914 par les Allemands, et devint le quartier général du Maréchal Foch pour préparer la fin du premier conflit mondial.

LE LABEL VILLE ET PAYS D'ART ET D'HISTOIRE

Crée en 1985 par le Ministère de la Culture et de la Communication, ce label qualifie des territoires, communes ou regroupements de communes qui, conscients des enjeux que représente l’appropriation de leur architecture et de leur patrimoine par les habitants, s'engagent dans une démarche active de connaissance, de conservation, de médiation et de soutien et à la qualité architecturale et du cadre de vie.

184 villes et pays d'art et d'histoire attachées à la valorisation et à l'animation de l'architecture et du patrimoine se sont vu décernées le label par le Ministère de la Culture, après avis du Conseil national des Villes et Pays d’art et d’histoire.

En 2015, le pays de Senlis à Ermenonville a obtenu ce label. Il comprend les villes de Senlis, Mont l’Evêque, Fontaine-Châalis et Ermenonville. Ces communes ont été récompensées pour la promotion de la diversité de leurs richesses patrimoniales, mais également de la création contemporaine auprès des nouveaux publics. La fondation est ainsi encouragée dans son investissement pour la diffusion de l’art contemporain et la décentralisation de la culture sur le territoire isarien, et au delà.

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VILLE D'ARTISTES

A seulement 45km de Paris, la ville a été source d’inspiration pour de nombreux peintres impressionnistes, a vu naître Thomas Couture, le maître de Manet et de Puvis de Chavanne, mais également des artistes moins connus comme Séraphine de Senlis.

Thomas Couture, (1815-1879) est né et a vécu à Senlis. Attaché à son territoire, il y installa son atelier situé au 23 rue de la Saint-Pierre, à quelques mètres de la Fondation. Il est connu pour avoir été le professeur d’Edouard Manet (maître des impressionnistes) qui entra dans son atelier pour se former à la peinture, et de Pierre Puvis de Chavannes (figure majeure du mouvement symboliste). Ce maître isarien a formé deux grands artistes parisiens de la seconde moitié du XIX° siècle.

Reconnu également par ses paires, il est aujourd'hui exposé dans les musées d’art moderne du monde entier : Musée d’Orsay, Musée de la Vie Romantique de Paris, Musée des Beaux-Arts de Caen, Wallace Collection de Londres, les musées américains de Boston, NY, Philadelphie) mais également dans plusieurs musées de Picardie (musées de la ville de Senlis, MuDo de Beauvais, Palais de Compiègne).

Son œuvre majeure fut un immense tableau de plus de 7m de long sur presque 5m de haut, Les Romains de la décadence, aujourd'hui conservé au Musée d’Orsay. La composition de la toile rappelle Les Noces de Cana de Véronèse mais aussi les maîtres de la Renaissance et de l’école flamande. Inscrit dans la tradition classique, il sera un des derniers représentants de la grande peinture d’histoire.

Thomas Couture, Les Romains de la Décadence, 1847, Orsay
Thomas Couture, Les Romains de la Décadence, 1847, Orsay

Élevé au rang de chevalier de la légion d’honneur, il repose aujourd'hui au cimetière du Père Lachaise.

Séraphine Louis (1864-1942) est un destin hors du commun. Après une révélation mystique, elle commence à peindre à l’âge de 42 ans, toujours de nuit à la lueur des bougies. Concevant elle-même ses couleurs avec notamment son célèbre rouge mêlant du sang de porc à de la cire de cierge, elle peint des toiles naïves, où se mêlent monde végétal et univers animal avec le motif récurrent d’une feuille tantôt plume, tantôt œil. Séraphine ne peint pas d’après modèle mais uniquement d’après ses visions.

Sa reconnaissance débute en 1912, lorsque le collectionneur d'art allemand Wilhelm Uhde, découvreur de Picasso, Braque, Marie Laurencin ou du Douanier Rousseau, vient vivre à Senlis. Il lui apportera un soutien financier et amical. En 1927, Séraphine commence à peindre des grandes toiles qui lui apporteront la reconnaissance deux ans plus tard, grâce au soutien de son mécène. Touché par la Grande dépression, le collectionneur n’a plus les moyens de soutenir la peintre. Elle mourra quelques années plus tard dans l’indifférence commune.

Seraphine de Senlis, Arbre du paradis, 1929, Senlis
Seraphine de Senlis, Arbre du paradis, 1929, Senlis

La redécouverte de Séraphine viendra avec le cinéma, en 2008, grâce au film éponyme de Martin Provost. Yolande Moreau immortalisera le rôle de cette artiste oubliée. Ses œuvres sont aujourd'hui présentes dans les collections du Musée Maillol de Paris, le musée d'art de Senlis, le musée d'art naïf de Nice et le musée d'Art moderne Lille Métropole à Villeneuve-d'Ascq.