La philosophie de la Fondation Francès

L’art ne se confisque pas.
Nous en sommes les dépositaires temporaires. En acquérant ces quelque 300 œuvres d’art, nous n’avons jamais voulu les soustraire au regard du public. Au contraire, notre ambition est de les partager avec le plus grand nombre. Pour partager nos émotions, les démultiplier. Pour créer de nouvelles rencontres, de nouvelles discussions, de nouvelles émotions.
L’art est juste lorsqu’il est juste au-dessus de ce que nous tolérons, de ce que nous acceptons, de ce que nous imaginons.
L’art est juste lorsqu’il nous invite à réfléchir, à frémir, à infléchir nos points de vue. Lorsqu’il nous pousse aussi parfois à déglutir ou à vomir. L’art est juste lorsqu’il abaisse nos seuils d’intolérance, lorsqu’il réveille nos consciences, lorsqu’il repousse nos lignes de défense. Nous ne craignons pas d’exposer des œuvres qui ne répondent pas aux canons de l’esthétique (qui ont tué beaucoup d’artistes). Notre choix se porte toujours sur des œuvres que l’on n’oublie pas. Même si elles dérangent, choquent, provoquent le débat.
Seul l’art contemporain mérite d’être collectionné.
Non qu’il soit meilleur mais parce que le rôle d’un collectionneur est de soutenir la création vivante. Par l’achat d’une œuvre, le collectionneur encourage financièrement mais aussi affectivement un artiste qui, grâce à ce soutien, continuera de créer. Collectionner l’art contemporain c’est témoigner de son époque, livrer son regard personnel sur sa vie intime et la Vie collective. Collectionner l’art contemporain ce n’est pas seulement une réflection du temps présent, c’est aussi une réflexion proposée aux générations futures, le souvenir et le témoignage des engagements et des errements de notre époque.
