Esprit de la collection

Le rôle d'un collectionneur n'est pas d'empiler
des œuvres d'art mais de faire œuvre de création.
En faisant émerger une ligne directrice, en créant de nouveaux dialogues entre les œuvres et les artistes, en donnant un sens nouveau à chacune des œuvres réunies.
Depuis le début, nous avons choisi un thème unique pour la constitution de la collection : l'Homme. C'est un thème qui peut sembler très général, trop large mais finalement c'est tout le contraire, il nous oblige à une profonde rigueur pour ne pas nous disperser. Et quand nous nous retournons sur toutes ces œuvres collectionnées, nous nous rendons compte qu'un thème apparaît en filigrane : l'Homme et ses excès. L'Homme et ses souffrances, l'Homme et ses violences, l'Homme et ses croyances, l'Homme et ses désirs, l'Homme et ses délires, l'Homme et ses défis, l'Homme et ses horreurs, l'Homme et ses peurs, l'Homme et ses fantasmes. L'Homme sous toutes ses coutures, à poil, sans fard ni faux-semblant.
Le rôle d'un collectionneur n'est pas
de formater son goût et les modes d'expression artistique.
Nous avons toujours voulu révéler la plus grande des diversités.
Notre collection réunit 145 artistes issus de 30 pays s'exprimant aussi bien à travers des peintures, des photographies, des sculptures, des installations, des vidéos, des objets détournés…
Le rôle d’un collectionneur est de prendre des risques.
Ca commence par la première œuvre acquise.
Est-ce raisonnable ?
Ne va-t-on pas s’en lasser ? Ca continue ensuite avec les nouveaux achats.
Parce que nous dépassons de nouveaux seuils financiers, parce que nous avons un coup de cœur pour un jeune artiste totalement méconnu. Mais finalement c’est cela collectionner : éprouver des frissons, suivre ses sentiments et lâcher prise de temps à autre.
La collection est uniquement financée
par des fonds privés et entièrement personnels,
sans recours à des fonds publics ou bancaires.
Elle se constitue progressivement mais il est vrai qu’elle s’est accélérée avec l’acquisition de 250 œuvres au cours des 3 dernières années. Une raison à cela et trois sources pour cela. Une raison : l’achat de 800 m2 à Clichy pour l’agence de communication d’Hervé Francès (Okó) qui offre un cadre formidable et inhabituel à l’exposition d’œuvres puisque l’aménagement de l’agence ressemble à celui d’une galerie (espace totalement ouvert, éclairage muséal, mobilier industriel…). Quotidiennement, ce sont plus de 40 œuvres qui agrémentent le travail des 32 collaborateurs et la visite des clients. Une exposition renouvelée tous les 6 mois.
Trois sources d’acquisition via les galeries, lors de ventes aux enchères ou en relation directe avec les artistes. Nous n’avons jamais revendue une œuvre acquise. Nous ne cherchons pas la spéculation, elle est mauvaise conseillère ; elle vous oblige à vivre avec des œuvres que vous n’aimez pas et souvent elle vous fait perdre de l’argent… et c’est rassurant ! Pour autant, nous n’achetons pas à l’aveugle. Nous nous renseignons beaucoup sur le parcours de l’artiste, l’évolution et la cohérence de son travail, ses influences, ses expositions…
Nous déterminons annuellement une enveloppe budgétaire pour l’achat de nouvelles œuvres. Nous privilégions la valeur artistique à la valeur financière. Nous ne concurrencerons jamais les grands capitaines d’industrie (pas les mêmes moyens) et nous n’achèterons jamais des œuvres aux prix outranciers (pas les mêmes envies). Notre juge de paix, c’est l’idée avant la beauté, l’impact avant l’esthétique, la réflexion avant la mode, l’audace avant toute autre chose.
Et puis, nous devons confesser que nous achetons aussi en fonction des galeristes. Ils ont un rôle important, pas seulement de marchand mais de découvreur, d’initiateur. Nous n’achèterons jamais chez certains, trop avides ou trop prétentieux et a contrario nous rest(er)ons fidèles à certains, passionnés et passionnants, curieux de nouveautés et avides… de les partager. Nous aimons découvrir de nouvelles et jeunes galeries car elles osent , elles sont le vivier de la création artistique. Leur équilibre financier est parfois précaire, les encourager c’est offrir un avenir aux artistes mais aussi à notre collection.
