a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

Zan Jbai

Né en 1980 à Ningbo, Chine, vit et travaille à Pékin

L’art de Zan Jbai réside dans cette capacité à suggérer l’invisible. Tel que nous le voyons dans les deux œuvres exposées à la fondation pour LEURRE, les personnages sont à peine discernables, cachés sous un voile de douceur, cachant tant de beauté et de pureté. Il est impossible de décrire à première vue ce qu’il se dégage dans ces tableaux. Certaines parties du corps sont d’ailleurs plus visibles que d’autres. Seulement l’ombre des corps et des vêtements nous permettent de distinguer les plis du vêtement ou les lignes d’un visage d’enfant. Le spectateur est alors dans une réelle difficulté, celle de devoir reconnaitre les visages et les corps. De cette poésie ressort également une douleur, des enfants dont les visages sont cachés comme pour rendre visible l’indicible, ou dissimuler un visage en peine. Ce vide s’affirme par la non présence de ces êtres, une fragilité palpable par le regardeur qui use de multiples stratagèmes pour essayer d’entr’apercevoir une once de chair, ou l’ombre d’une identité.

En 1995, à l’âge de 15 ans, Zan Jbai part faire ses études à Hangzhou à l’Académie des Beaux-Arts de Chine. Son approche de l’art dans la tradition classique et sa sensibilité à la fragilité de l’humain résultent d’une mixité culturelle entre une ville portuaire de province dans laquelle il naît, et les villes de son parcours de formation. En 2007, alors qu’il a passé déjà six ans en France et étant diplômé des Beaux-Arts, il continue son périple à Berlin où il reste six mois, se nourrissant d’art et d’architecture.
Il revient finalement en Chine où il canalisera son intérêt pour véhiculer « un regard contemporain » plutôt qu’un art contemporain.
Il peut être défini à la fois comme un peintre traditionnel, classique mais avec une certaine contemporanéité de style, basée sur un rapport au flou, au non-dit, comme si chaque oeuvre était une énigme à déchiffrer.
De cette oeuvre Untitled se dégage une interprétation double, ambiguë. Dans la douceur du voile blanc, symbolisant le rêve, se distingue la silhouette de l’enfant, figure de l’angélisme. Fragilité, angoisse et mort se rencontrent dans cette froide clarté. L’aspect fantomatique du portrait découle d’un effet d’apparition et/ou de disparition de la silhouette qui semble presque vivre à l’intérieur de la toile.
Zan Jbai propose une illusion oscillant sans cesse entre une sensation de calme et d’appréhension qui résulte en partie, de la monochromie de l’oeuvre, entre lumière et inquiétante réalité. Le garçon apparaît dans ce voile opaque à la manière d’une lointaine image, comme s’il s’agissait d’un souvenir qui reviendrait à la surface. Le regardeur est plongé dans cet imposant portrait, en se questionnant sur son identité secrète. Zan Jbai cache une réalité existante, le visage du garçon se perçoit progressivement.

Sans titre
Zan Jbai

Sans titre

Année : 2007
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Huile sur toile
Hauteur : 150 cm
Largeur : 150 cm
Sans titre
Zan Jbai

Sans titre

Année : 2008
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Huile sur toile
Hauteur : 110 cm
Largeur : 70 cm
Profondeur : 3 cm