a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

Mircea Cantor

Né en 1977 à Oradea (Roumanie), vit et travaille « sur Terre »

Mircea Cantor étudie d’abord à l’Université d’art et d’esthétique de Cluj-Napoca puis se tourne vers l’Ecole des Beaux-arts de Nantes en 1999. D’emblée, ses réflexions s’engagent à travers différents types de médiums : vidéos, installations, photographies, dessins, performances, sculptures …

Mircea Cantor se dit artiste du monde, un monde sans frontière, et souhaite mettre en lumière les failles et les dysfonctionnements de l’être humain par le prisme de notre société contemporaine. Poétique et allégorique, son œuvre entière est caractérisée par cette faculté de traiter de sujets complexes mais toujours dans une esthétique suspendue entre le réel et la chimère. Mircea Cantor voue une obsession au motif. L’apparence des formes, leur temporalité et leur force de persistance rétinienne font également partie des finalités attendues par l’artiste pour ses œuvres. Il se joue de nos traditions, critique la face du monde, la politique, le phénomène de globalisation, l’Histoire, mais reste focalisé sur les aspirations humaines, observant minutieusement nos comportements et nos failles. Ancré dans son temps, il en révèle les cicatrices, les absurdités ainsi que la beauté de notre monde. S’interroger sur l’essence humaine est primordial.

Mircea Cantor souhaite livrer une œuvre symbolique en s’inspirant de divers champs de la connaissance afin de donner sens à l’existence humaine. Les fondements de son travail pourraient se résumer en plusieurs mots : tradition, humilité, esthétique, indépendance, rigueur et morale.

 

Chaplet
Mircea Cantor

Chaplet

Chaplet est une œuvre de 2007 représentant un fil de fer barbelé conçu uniquement avec les empreintes digitales de l’artiste et à partir d’une encre spécifique héritée de son expérience de graveur. Ce fil traverse de grands espaces, vides pour la plupart et délimitant un territoire. Par ce travail, l’artiste questionne l’identité, la singularité et l’origine. Le fil de fer barbelé évoque ainsi la frontière géographique mais également ce corps entravé et la violence à son encontre, c’est également le rapport à la biométrie. Aujourd’hui, nos ADN et empreintes corporelles sont en contrôle permanent. Épiées, fichées, nos empreintes digitales ne nous appartiennent plus.

Le titre de cette œuvre est en rapport avec le rendu esthétique de l’œuvre, sans aucun sous-jacent religieux. Il renvoie donc au visuel de l’œuvre qui ressemble à un chapelet mais également au processus de création faisant écho à l’utilisation religieuse du chapelet : chaque perle est égrenée au fur et à mesure des prières, un principe répétitif qui s’accorde avec le geste répétitif de l’artiste lors de la conception du fil barbelé. On y questionne également le temps qui passe, puisque c’est un mécanisme à la fois long et silencieux, invoquant l’esprit, la prière, tout en marquant l’espace de sa trace.

Année : 2007
Édition : Ed. 6/7
Matériaux : Empreintes à l'encre sur le mur
Hauteur : Variables cm
Largeur : max 250 cm
Sic Transit Gloria Mundi with my hands
Mircea Cantor

Sic Transit Gloria Mundi with my hands

Sic Transit Gloria Mundi, With my Hands est un dessin conçu en 2013 sur lequel il est possible de voir une main, traversée par une ligne de cendres. Ce qui semble ici être une esquisse provient effectivement d’un travail ancien datant de 2012 et mettant en avant une vidéo du même nom. Le titre, qui signifie “Ainsi passe la gloire du monde” transcrit un rituel religieux lors de l’intronisation d’un nouveau pape, rituel qui n’existe plus aujourd’hui.

L’œuvre de la collection Francès sonne comme un vestige, une trace de cette vidéo où sont disposés en cercle des mendiants, mains tendues en aumône, puis, une prêtresse venant déposer une mèche en flamme sur leur paume. Cette vidéo, très esthétique et élégante reste fidèle, dans sa conception, à la notion de rituel de cette tradition. L’œuvre acquise par Estelle et Hervé Francès est marquée par le temps et le souvenir de ce rituel. Les traces d’un passage gardées en témoin.

 

Année : 2013
Édition : Pièce unique
Hauteur : 45 cm
Largeur : 42 cm
  • Zera (unknown paths)
Mircea Cantor

Zera (unknown paths)

L’installation Zera (unknown paths) montre un cerveau dessiné par l’artiste avec des fils de dynamite. Lors de sa performance Mircea Cantor met le feu à ces fils, puis ils s’embrasent, dévoilant la trace, le résidu d’un cerveau. Vestige de notre liberté, de notre intelligence, l’existence se brûle et laisse une trace. ‘Zera’ signifiant “semence” en hébreu, est ainsi à l’origine de toute création, ce cerveau en ébullition fait table rase du passé, mais également de la mémoire, comme pour revenir à l’inspiration sur une page blanche. Le point de départ pour toutes créations, quelles qu’elles soient. Une oeuvre hautement symbolique. Un rappel à la fragilité de notre existence, ce cerveau, considéré comme une vanité moderne se consume pour n’en rester que de la poussière.

C’est une œuvre qui fait également sens dans la collection Francès car les questions concernant le devenir de l’existence humaine et la construction de notre avenir et de ce qu’il en restera sont toutes aussi importantes que la mémoire du passé.

Présentée à l’occasion du festival ‘Do Disturb’ qui s’est tenu du 10 au 12 avril, Zera (unknown paths) est à découvrir actuellement au Palais de Tokyo.

Année : 2015
Édition : Pièce unique
Matériaux : Dessin issu de l'explosion de fils de dynamite, papier
Hauteur : Variables cm