a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

Eric Fischl

Né en 1948 à New York , vit et travaille à New York

Appartenant à la branche neo-expressionniste, Eric Fischl est un peintre américain reconnu, issu d’une grande famille bourgeoise américaine de Long Island. Marqué par cet héritage patriote mais puritain, il quitte la côte est pour la Californie où il étudiera au célèbre California Institute of Art. D’emblée attiré par la peinture, il commencera par évoquer ses souvenirs de jeunesse : de grandes réunions de famille sur la plage, des corps endormis baignés par la lumière chaude de l’été, des scènes de nudisme et de corps à la plastique imparfaite. C’est un style direct et pictural chargé en matière qui choque l’Amérique des années 80. Des scènes du quotidien d’une banalité extrême qui sont à contre-courant de l’image de cette société bourgeoise.

À ses débuts, Eric Fischl est ainsi rejeté par la critique et le monde de l’art qui ne sont pas habitués à voir cette forme de sexualité exposée, cette réalité des corps et des mœurs n’intéressent pas. Mais le succès est au rendez-vous dans les années 90, ces formes d’images se démocratisent et Eric Fischl apporte un discours rassurant sur la naissance des émotions, du désir latent, de la solitude et de la vulnérabilité de ses personnages.

Son œuvre montre des hommes et des femmes à la silhouette changeante par le truchement de l’ombre et de la lumière, des figures furtives, en mouvement, de passage dans le cadre de son tableau : c’est là où réside tout l’intérêt de son œuvre, des personnages insaisissables, qui dans leur représentation flirtent avec l’abstraction.

Untitled
Eric Fischl

Untitled

Année : 1989
Édition : (pièce unique)
Matériaux : Huile sur papier
Hauteur : 55,2 cm
Largeur : 89,2 cm
Untitled
Eric Fischl

Untitled

Le personnage a une stature quasi monacale, sa position le fait avancer à petit pas, pratiquement sur la pointe des pieds. Le jeu d’ombres et de lumière révèle sa présence discrète.

La palette chromatique employée par l’artiste inscrit l’image dans le passé, ce sont des tonalités verdâtres et brunâtres qui n’ont aucun pouvoir attractif. Nous ne sommes pas dans la représentation d’une réalité mais dans une apparition, l’idée de chaos et de contexte hostile est alors clairement définit ici dans cette image de fantasme. Ce personnage appartient au passé, il faut alors l’imaginer comme une vision.

Cette œuvre appartient à une série peinte entre 1995 et 1997 intitulée Rome. On retrouve dans cette série d’une dizaine de peintures sans réels rapports entre elles la même intensité chromatique qui rappelle un temps passé, des vestiges ou des ruines archéologiques. Dans des tonalités brunes, grises, verdâtres, et jaunes, toutes appartiennent à une notion de végétale, un retour à la source, à la nature.

On reconnaît alors aisément la thématique récurrente du décor religieux, des colonnes en marbre et en pierre, et les ombres traversantes de celles-ci.

Les personnages sont de passage également, dans un mouvement furtif et jamais reconnaissables. Le silence y règne et traduit cette ambiance typiquement religieuse, voir secrète.

Année : 1995-1996
Édition : Pièce unique
Matériaux : Huile sur lin
Hauteur : 91,4 cm
Largeur : 106,6 cm