Né en 1970 à Dugny
Vit et travaille à Paris
Quand on demande à Kader Attia son sentiment par rapport à l’art il a cette manière bien à lui de nous dire, et pour cause son œuvre entière en est le reflet, que : « Je suis persuadée que l’art a une dimension psychothérapeutique. Montrer les choses les plus cauchemardesques permet à l’artiste mais aussi au regardeur de les exorciser ». Kader Attia est ce qu’on pourrait appeler un déclencheur d’émotions. Il crée à sa manière des histoires qui font très souvent référence à son histoire personnelle et à son enfance. Ces histoires ne sont pas seulement le reflet d’un passé unique mais d’histoires ou de références universelles. Les œuvres de Kader Attia parlent à tous.
Face à ses œuvres, le spectateur ne reste pas insensible, Kader Attia a le sens de la composition et du dénouement émotionnel, il sait à la fois sculpter son œuvre et lui rendre une âme, l’élever au rang d’œuvre sociale mais aussi lui conférer une note poétique et fragile. Et c’est de cette fragilité dont il est question dans la plupart de ses œuvres. La fragilité de la vie, du monde, de l’architecture, des objets du quotidien, de la mémoire et de la difficulté à transmettre une culture et des valeurs ancestrales. De ce constat, l’artiste présente des œuvres chargées de souvenirs familiers et personnels ainsi que de réminiscences.
De son vécu et de sa culture arabe l’artiste conçoit alors Untitled (Concrete Blocks) représentant le peuple en prière matérialisé par des parpaings, se dirigeant pieusement tous vers la même direction. Une impression d’accumulation, d’effet de groupe, de communion nous transporte même si formellement cette œuvre est rigide et sans irrégularité, sans détours, telle que peut être conçue la religion. Le « poids » de la religion n’est pas sans évoquer alors celui de l’histoire avec l’œuvre Alpha Beta : un alphabet arabe crée à partir de lames de couteau. A la fois poétique et douloureuse, la culture rencontre alors le choc, et le conflit. Mais quelle est l’arme finalement ? Les mots, parfois trop justes, trop violents, faisant vaciller une situation, ou bien la culture et la religion qui défendent les valeurs humaines et sont des armes contre l’ignorance, contre la perte de l’âme humaine ? La religion et la culture deviennent alors des armes, parfois employées de manière exacerbée, ou de manière plus légitime. Ainsi, il est intéressant de voir que l’œuvre entière de Kader Attia se dessine autour d’une vision manichéenne qu’il qualifie par le fait que « l’existence est un entremêlement de paradoxes ».
Kader Attia revendique ses différentes cultures. Originaire d’une cité de la région parisienne, il est confronté à la culture populaire, celle de son enfance puis à la culture « intellectuelle». Il se sent alors déchiré entre deux cultures. Pour chaque pièce Kader Attia s’intéresse donc de près à son vécu personnel. Pour l’œuvre intitulée Frigos, celle-ci représente tout simplement la cité de son enfance à l’aide de plusieurs frigos affublé de petits carrés noirs indiquant les fenêtres. Une cité froide en somme. Toboggan Rose est ce toboggan avec des lames de rasoirs qui est en réalité la transcription du vécu dramatique de l’artiste lors de sa circoncision. De ses questions sur notre société actuelle et le rejet de certaines minorités, Kader Attia produit Piste d’Atterrissage, une œuvre retraçant le parcours de transsexuels algériens chassés et exilés à Paris.
L’œuvre Ghost quant à elle suggère une présence, celle des femmes musulmanes qui font leur prière. L’artiste garde ainsi en mémoire à travers ce matériau qui est la feuille d’aluminium, la trace d’une personne, de ses actes. Cet espace de forme, vide de matière mais non pas de sens, l’artiste le renouvelle très souvent, pour l’expérience. Au Grand Palais, Kader Attia exposa alors des sacs plastiques vides mais retenus par leur forme, l’empreinte de leur contenant. Ce vide alors fait référence à la frustration, et le manque, un vide qui n’est pas dépourvu de sens mais qui fait apparaître les stigmates de l’absence, tout en expliquant que aucune chose ne peut vivre sans son contraire.
Le travail de Kader Attia est une réflexion sur notre monde et le visage qu’il représente, à double face, partagé entre ses contraires, le plein et le vide, la présence et l’absence, la bonté et la méchanceté. Il y a toute une philosophie autour de l’œuvre de Kader Attia, empruntée très souvent aux fondements de la philosophie chinoise et orientale, des œuvres tourmentées mais qui « œuvrent » pour révéler une certaine vérité sur nos vies.
EXPOSITIONS PERSONNELLES
2008
- Centro de Arte Contemporaneo, Huarte / Espagne
- Henry Art Gallery, Seattle / USA
- Galerie Anne de Villepoix / France (29/04/08-07/06/08)
2007
- ICA Boston, Boston / USA
- BALTIC Center for Contemporary Art, Newcastle / UK
- Musée d’Art de Haïfa, Haïfa / Israël
- Galerie Christian Nagel / Berlin
2006
- Tsunami, Magasin, Centre National d’Art Contemporain de Grenoble, Grenoble / France
- Kader Attia, Musée d’Art Contemporain de Lyon, Lyon / France
- Sweet sweat, Galerie Andréhn-Schiptjenko, Stockholm / Suède
2005
- The Gallery @ Sketch, Londres / UK
2004
- HALLAL, Galerie Kamel Mennour, Paris / France
2002
- Alter Ego, Galerie Kamel Mennour, Paris / France
2001
- Photostories, Galerie Martine et Thibault de la Chartre, Paris / France
2000
- La Piste d’Atterrissage, l’Atelier, Centre National de la Photographie, Paris / France
1997
- Instants Urbains, Galerie L’oeil du huit, Paris / France
1996
- Humanistes au Congo, Centre culturel Français de Brazzaville, Brazzaville / RDC
EXPOSITIONS COLLECTIVES
2008
- The Aesthetics of Terror , Chelsea Museum, New York / USA
2007
- ArtBasel 38, galerie Andréhn-Schiptjenko et galerie Christian Nagel, Bâle / Suisse
- New Economy, The Artists Space, New York / USA
- Dialogues méditerranéens, St Tropez / France
- Accélération, Centre d’Art Neuchâtel, Neuchâtel / Suisse
- L ‘Emprise du Lieu, Domaine Pommery, Reims / France
- Politics of Fear, Albion, Londres / UK
- Gulf Art Fair, Dubaï / Arabie Saoudite
- Armory Show, galerie Andréhn-Schiptjenko et galerie Christian Nagel, New York / USA
2006
- 1ère Biennale d’Art, du Paysage et d’Architecture des Canaries, Îles Canaries /Espagne
- Nuit Blanche, Paris / France
- Infinities, Art Unlimited, Art Basel 37, Bâle / Suisse
- Take a walk on the wild side, Galerie de Pury & Luxembourg, Zurich / Suisse
- Armory Show, Galerie Andréhn-Schiptjenko, New York / USA
- Notre Histoire, Palais de Tokyo, Paris / France
2005
- Meeting Point, Sternersen Museum, Oslo / Norvège
- In between times, Tramway, Glasgow / UK
- Regards des photographes arabes contemporains, Institut du Monde Arabe, Paris /France
- Big Bang, Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, Paris / France
- Nominé au prix Marcel Duchamp, FIAC, Paris / France
- Expérience de la durée, 8ème Biennale de Lyon, Lyon / France
- Living for the City, Galerie de J. Shainman, New York / France
- The Loop, Art Unlimited, Art Basel 36, Bâle / Suisse
- SingulierS, Musée d’Art du Guangdong, Canton / Chine
2004
- The Sweatshop, Art Position, Art Basel Miami, Miami / USA
- Videozone, Video Art Biennale, Musée d’Herzliya, Tel Aviv / Israël
- Near East Project, Schirn Kunsthalle, Francfort / Allemagne
- Galerie Kamel Mennour, Artissima, Turin / Italie
- Galerie Kamel Mennour, FIAC, Paris / France
- Continental Breakfast, Belgrade / Serbie
- Shake, OK Centrum für Gegenwartskunst, Linz / Autriche
- Shake, Villa Arson, Nice / France
- Galerie Kamel Mennour, Arts Brussels, Bruxelles / Belgique
2003
- Galerie Kamel Mennour, Artissima, Turin / Italie
- Galerie Kamel Mennour, FIAC, Paris / France
2002
- Les vertus sont des titres, les souffrances sont des droits, FRAC Poitou-Charentes, Angoulême / France
- Galerie Kamel Mennour, Paris-Photo, Paris / France
2001
- L’Alchimie de la rencontre, FRAC Champagne-Ardenne, Reims / France
- Galerie Kamel Mennour, FIAC, Paris / France
- L’état des choses part.1, Kunst-werke, Institut d’Art Contemporain, Berlin / Allemagne
Sites galeries de l'artiste :

